Appel à communications – “Produire la carte : représentations transfrontalières et interculturelles”, 20-22 mai 2019

Appel à communications – “Produire la carte : représentations transfrontalières et interculturelles”, 20-22 mai 2019

Activités, Actualités, Agenda, Colloques et journées d'études
Plan de travail 4

Appel à communications – Colloque 20-22 mai 2019

Produire la carte : représentations transfrontalières et interculturelles de l’Antiquité à nos jours

Mulhouse, 20, 21 et 22 avril 2019

Résumé

Le colloque entend proposer une réflexion et des débats sur les modalités de représentation cartographique de phénomènes transfrontaliers et interculturels. Interdisciplinaire et international, il devrait encourager à penser la carte hors des frontières politiques, en proposant une réflexion articulée autour de trois axes : le temps (quelle a été la compatibilité de ces phénomènes interculturels avec les travaux de cartographie réalisés au cours de l’histoire ?), l’espace (quelles approches des phénomènes interculturels ou transfrontaliers selon les espaces d’études, de création et de diffusion des cartes ?) et la méthode (comment et pourquoi réaliser des cartes intégrant de tels phénomènes ?).

Argumentaire

Les travaux de l’Atlas historique d’Alsace ont montré que les frontières politiques actuelles, en particulier celle qui sépare la France de l’Allemagne le long du Rhin, sont souvent peu pertinentes dans les entreprises cartographiques portant sur des périodes antérieures ou des phénomènes culturels, sociaux, économiques ou encore environnementaux. Ces derniers dépassent en effet fréquemment les logiques administratives qui président trop souvent aux choix d’échelles et d’espaces cartographiés. Or, qu’elles soient ou non intégrées dans un Système d’information géographique (SIG), les cartes permettent aussi de mettre en lumière des phénomènes, des structures et des organisations spatiales répondant à d’autres logiques que celles des territoires politiques. Par des choix et des contraintes techniques (échelles, projections), graphiques (figurés, simplifications) mais aussi intellectuels, la carte donne autant à voir qu’elle laisse de côté, et pour répondre à des besoins précis, elle fige sur le papier (ou l’écran) des contrastes là où d’autres critères auraient pu laisser apparaître des continuités, et inversement.

 Le colloque entend contribuer à cette réflexion sur la démarche cartographique et s’interroger sur les modalités de représentation spatiale de phénomènes transfrontaliers d’une part et interculturels d’autre part. Les premiers renvoient inévitablement à la notion de frontière politique moderne, quasi-synonyme de limite et qui marque une différenciation systématique entre les territoires qu’elle sépare et qu’elle unit à la fois. A l’inverse, l’interculturel invite à considérer des frontières dynamiques car tout à la fois floues, mouvantes et poreuses, dont la coïncidence avec les limites politiques est loin d’être systématique. Trois questionnements indissociables orienteront les communications et les débats.

Le premier est temporel, et s’inscrit autant dans l’histoire de la cartographie que dans la cartographie historique. Il s’agira d’examiner les cartographies d’époque pour voir en quoi celles-ci ont pu figer certaines configurations territoriales, ou au contraire, lorsqu’elles sont support d’une idéologie, passent outre des organisations spatiales incompatibles avec leur message. Les travaux cartographiques réalisés dans le contexte des entreprises coloniales aux époques modernes et contemporaines semblent particulièrement propices à une telle réflexion. En quoi les cartes participent-elles aussi à la construction de systèmes nationaux de représentations ? De plus, dans quelle mesure, observe-t-on des évolutions ou des bifurcations ? On pourra également s’intéresser, par exemple, aux répercussions cartographiques de situations géopolitiques historiques, ou à l’usage des cartes en tant qu’outil pédagogique. La confrontation des territoires donnés à voir par les cartes anciennes et ceux mis en lumière par d’autres méthodes, y compris actuelles, sera bienvenue.

Un deuxième axe s’intéressera à la comparaison des pratiques cartographiques dans différents espaces marqués par des phénomènes interculturels ou transculturels. Les études de cas transfrontalières seront ici favorisées pour relever d’éventuelles différences de représentation d’un même espace. On pourra confronter les rapports à la carte, ainsi que son utilisation comme medium d’information et de travail par des groupes sociaux qui se distingueraient par une appartenance culturelle, étatique, linguistique différente. Par ailleurs, l’accès actuel à l’information (notamment grâce à sa dématérialisation qui contribue à son internationalisation) favorise la consultation de cartes dans d’autres contextes culturels que celui dans lequel elle a été produite, pouvant induire de nouveaux enjeux intellectuels, sociaux et politiques en termes de représentation de l’espace et du territoire, et jouer un rôle dans la diffusion de techniques, d’idées, de savoirs. Les interprétations de l’espace propres à chaque système politique et culturel résistent-elles aux interactions qui se multiplient aux échelles macrorégionales (l’Europe, par exemple) et mondiale ?

Les questions de méthode constitueront le troisième axe structurant la manifestation, en invitant les participants à réfléchir à la manière de cartographier les dynamiques transfrontalières et les objets interculturels. De la démarche heuristique conduisant à la carte, aux contraintes de projets scientifiques et pédagogiques plus imposants comme les atlas ou les SIG, les étapes, les approches et les solutions sont diverses et nombreuses pour en proposer une représentation graphique cohérente, a fortiori lorsqu’il s’agit de phénomènes historiques où les frontières actuelles n’ont plus de sens. Une fois la carte réalisée, quels usages l’historien, le géographe, l’archéologue, le sociologue… peut-il en faire pour révéler et étudier ces questions transfrontalières ou interculturelles ? Le colloque sera l’occasion d’évoquer les modes de valorisation de telles entreprises cartographiques.

Le colloque se veut interdisciplinaire, pour rassembler l’ensemble des acteurs de la communauté scientifique, institutionnelle, économique et pédagogique producteurs ou « consommateurs » de cartes. Il devra revêtir une dimension internationale indispensable à la mise en perspective des méthodes et des approches face à la carte. Organisé par le CRESAT, il se tiendra du 20 au 22 mai 2019 à l’UHA (Mulhouse).

Télécharger l’appel à communications en PDF

Organisation

Le colloque est organisé dans le cadre du projet Cartographie historique pour un atlas transfrontalier (CHAT) piloté par le CRESAT (B. Furst, R. Boulat) et soutenu par le centre de compétences transfrontalières NovaTris

Envoi des propositions

Les propositions de communication (5000 signes maximum) sont à envoyer à benjamin.furst@uha.fr avant le 30 novembre 2017, accompagnées de quelques lignes de présentation du ou des auteurs.

Comité d’organisation

  • Régis Boulat (Maître de conférences en histoire contemporaine, UAH)
  • Benjamin Furst (ingénieur d’études, docteur en histoire moderne, UHA)
  • Odile Kammerer (professeur honoraire d’histoire médiévale, UHA)

Comité scientifique

  • Léonard Dauphant (maître de conférences en histoire médiévale, Université de Lorraine)
  • Bernhard Koeppen (professeur de géographie, Universität Koblenz-Landau)
  • Odile Kammerer (professeur honoraire d’histoire médiévale, UHA)
  • Bernard Reitel (professeur de géographie, Université d’Arras)
  • Jean-Jacques Schwien (maître de conférences en archéologie, Université de Strasbourg)
  • Nicolas Verdier (directeur de recherche, CNRS et directeur d’étude, EHESS)

Ce comité est amené à être élargi d’ici au 30 septembre

Date et lieu

Du lundi 20 au mercredi 22 mai 2019

Campus Fonderie – UHA

16 rue de la Fonderie

68100 Mulhouse

Une sortie sur le “terrain” est prévue sur une demi-journée

Séminaire – Silvia Flaminio – “Stop the dam and save the river”. Les barrages entre discours et représentations (1945-2014)

Séminaire – Silvia Flaminio – “Stop the dam and save the river”. Les barrages entre discours et représentations (1945-2014)

Activités, Actualités, Séminaires du CRESAT, Séminaires du CRESAT

Séminaire du CRESAT – 14 mars 2018

“Stop the dam and save the river.”

Les barrages entre discours et représentations (1945-2014)

Silvia Flaminio, ATER en géographie à l’UHA, doctorante en géographie à l’ENS Lyon

Résumé

Cette présentation s’appuie sur mon travail de thèse commencé en 2014. Alors qu’au début du XXe, les barrages ont été promus comme des hydro fix (Swyngedouw 2015) pour des États en crise — Swyngedouw emprunte à l’expression “spatial fix”, c’est-à-dire de « solution spatiale », forgée par Harvey (2001) —, ils font aujourd’hui l’objet de discours contradictoires. Les projets de barrages sont contestés aussi bien dans des pays riches que dans des pays pauvres depuis les années 1980, et des voix s’élèvent aussi pour plaider en faveur du démantèlement d’ouvrages vieillissants aux États-Unis (Poff et Hart 2002), mais aussi plus récemment en France (Germaine et Lespez 2014). Parallèlement à ces mouvements, la promotion de l’hydroélectricité comme énergie « verte » semble venir redorer le blason des barrages.

Cette présentation propose d’analyser les relations changeantes entre les discours sur l’environnement et sur les cours d’eau et l’objet barrage au cours de la seconde moitié du XXe et au début du XXIe siècle. Je consacrerai une partie de la présentation aux matériaux (construction d’un corpus d’articles de presse issus du quotidien national français Le Monde, de plusieurs corpus d’entretiens semi-directifs sur des ouvrages controversés ; recherches en archives) et aux méthodes d’analyses (analyse de contenu et analyse des données textuelles pour compléter une analyse qualitative) mis en place dans la thèse pour répondre à cet objectif. J’évoquerai aussi quelques résultats, notamment les évolutions discursives de l’objet barrage qui peuvent être observées à partir du corpus du Monde, ainsi que les ré-orientations thématiques qui ont pu se faire lors de conflits liés à des barrages (Loyettes en France et Gordon-below-Franklin en Australie).

Date et lieu

Vendredi 18 mai – 15:00

Campus Fonderie – UHA

Salle des colloques

16 rue de la Fonderie

68100 Mulhouse

Séminaire – Anne Rauner – Informer les vivants pour sauver les morts

Séminaire – Anne Rauner – Informer les vivants pour sauver les morts

Activités, Actualités, Séminaires du CRESAT, Séminaires du CRESAT
AVES, 1AST185, f. 12r

Séminaire du CRESAT – 27 avril 2018

Informer les vivants pour sauver les morts.

Le système documentaire de la commémoration des défunts à la fin du Moyen Âge (diocèse de Strasbourg)

Anne Rauner, ATER en histoire médiévale à l’UHA, doctorante à l’Université de Strasbourg (ARCHE)

Résumé

Ouvrir les portes du paradis : tel était le but de la prière des vivants pour les morts au Moyen Âge. À partir du XIIIe siècle, cette commémoration des défunts se diffusa peu à peu dans toute la société médiévale et prit souvent la forme de messes anniversaires fondées et financées par le trépassé. Les informations liturgiques et économiques liées à ces messes étaient enregistrées dans des calendriers perpétuels appelés nécrologes ou obituaires, mais aussi dans des registres de plus en plus spécialisés.

Le système documentaire de la commémoration des défunts s’étendit et se complexifia, obligeant les clercs à mettre en œuvre de nouvelles stratégies scripturaires pour assurer le bon déroulement et le financement de la liturgie des morts. L’exemple du chapitre Saint-Thomas de Strasbourg permettra d’analyser les complexes jeux de renvois et de transferts d’informations entre les différents écrits qui devaient contribuer au salut de l’âme.

Le séminaire sera suivi d’une présentation du système d’archives ouvertes des universités alsaciennes (Univoak) par Élodie Cuissard (SCD de l’UHA).

Date et lieu

Vendredi 27 avril – 14:00

Campus Fonderie – UHA

Salle des colloques

16 rue de la Fonderie

68100 Mulhouse

Séminaire – Eleni Mitropoulou – Le rôle de la sémiotique au cœur de problématiques intra et inter-disciplinaires

Séminaire – Eleni Mitropoulou – Le rôle de la sémiotique au cœur de problématiques intra et inter-disciplinaires

Actualités, Séminaires du CRESAT, Séminaires du CRESAT
Migrants et téléphones mobiles

Séminaire du CRESAT – 28 mars 2018

Le rôle de la sémiotique au cœur de problématiques intra et inter-disciplinaires

Eleni Mitropoulou, professeur en sémiotique de la communication, directrice adjointe du CRESAT

Dans le paysage pluridisciplinaire des Sciences de l’Information et de la Communication, penser la communication et les médias en fonction d’une approche sémiotique c’est donner la priorité à la production du sens. Et ce à plusieurs niveaux :

  • le sens est le « protagoniste » dans la relation que nous désignons par « communication », il tient le premier rôle dans la scène des échanges ;
  • le sens est aussi ce que nous retenons dans l’« information » comme valeur sociale, laissant à d’autres champs disciplinaires le traitement de sa valeur mathématique ;
  • le sens est encore ce qui fait tenir ensemble « communication » et « information », si l’on pense l’une en fonction de l’autre.

Dans le paysage disciplinaire plus large, on peut constater le rôle transversal de la sémiotique dans les problématiques en Esthétique, en Littérature, en Géographie, en Histoire de l’Art, en Sciences Politiques …..

Nous proposons de discuter les apports (mais également les limites) d’une sémiotique de la communication qui fait des médias et des processus de communication à la fois son objet d’étude et son objet étudié.

Date et lieu

Mercredi 28 mars – 17:00

Campus Fonderie – UHA

Salle des colloques

16 rue de la Fonderie

68100 Mulhouse

Séminaire – Renaud Meltz – Les révolutions de 1830 : l’avènement d’une diplomatie de la place publique ?

Séminaire – Renaud Meltz – Les révolutions de 1830 : l’avènement d’une diplomatie de la place publique ?

Actualités, Séminaires du CRESAT, Séminaires du CRESAT
Conférence de Londres

Séminaire du CRESAT – 14 mars 2018

Les révolutions de 1830 : l’avènement d’une diplomatie de la place publique ?

Renaud Meltz, professeur d’histoire contemporaine, directeur du CRESAT

Résumé

« Quand on exige l’assentiment des citoyens pour décider si une guerre doit avoir lieu ou non, il n’y a rien de plus naturel que, étant donné qu’il leur faudrait décider de supporter toutes les horreurs de la guerre, ils réfléchissent beaucoup avant de commencer un jeu aussi néfaste ». Suivant cet adage kantien (Vers la paix perpétuelle, 1795), les régimes fondés sur des institutions républicaines ne devraient jamais se faire la guerre.

La révolution française remet en question l’optimisme des Lumières. Les révolutionnaires de 1830 se souviennent de la guerre civile et d’un quart de siècle de French wars. Pourtant, les acteurs des révolutions de 1830, à Paris comme à Bruxelles, considèrent qu’ils sont ouvriers de paix. En propageant la révolution pour généraliser des régimes constitutionnels, ils espèrent clore l’ère des guerres égoïstes. Une diplomatie ouverte, publique, n’est-elle pas le meilleur moyen de garantir la paix européenne ?

Cette séance de séminaire propose de prendre au sérieux la dimension continentale des révolutions de 1830 et de considérer la possibilité d’une discussion transnationale au cours de cette période coincée entre l’espace public habermasien de l’Europe des Lumières et la grande poussée de mondialisation de la fin du XIXe. La révolution belge, en particulier, a cherché une voie pour réinventer les usages diplomatiques. L’échec de cette tentative de démocratisation des relations internationales ne doit pas nous empêcher de penser ce moment clef dans la recherche de pratiques innovantes en faveur de la paix européenne.

Date et lieu

Mercredi 14 mars – 17:00

Campus Fonderie – UHA

Salle des colloques

16 rue de la Fonderie

68100 Mulhouse

Appel à communications – 8e Journées d’Histoire industrielle

Appel à communications – 8e Journées d’Histoire industrielle

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Appel à communications

8e Journées d’Histoire industrielle : « Les industries aux colonies, les indigènes dans l’industrie »

Colloque – 8 et 9 novembre 2018, UHA (campus Fonderie) et UTBM (campus de Sevenans)

Colloque organisé par l’Université de Haute Alsace et l’Université de Technologie de Belfort-Montbéliard –UBFC

Les rapports entre industrialisation et colonisation, et plus largement entre le fait colonial et le fait industriel, ont fait, parmi les économistes et les historiens, l’objet de débats majeurs qui ne sont pas encore tous tranchés. Trois types de questions semblent se dégager : tout d’abord, à suivre l’historiographie marxiste, les colonies américaines auraient été déterminantes pour amorcer l’industrialisation du Royaume-Uni ; ensuite et inversement, selon Daniel Headrick notamment, l’industrialisation de l’Occident aurait permis aux Européens de dominer le reste du monde au XIXe siècle. Enfin, concernant cette fois la fin de l’expérience coloniale, les colonies apparaissent, pour Jacques Marseille et d’autres, comme un frein à la modernisation de l’économie en général et de l’industrie métropolitaine en particulier.

Mais au-delà de ces débats classiques et encore d’actualité, la question de l’industrialisation des colonies en elles-mêmes a relativement peu retenu l’attention des historiens et économistes. Il était en effet entendu, que, dans le cadre des échanges inégaux, l’économie des colonies se caractérisait par une forte spécialisation (des indigènes, au sens légal du terme, à l’instar du terme esclave en Amérique) dans le secteur primaire et par une hypertrophie du secteur tertiaire (pour les colons), mais d’industrie point ou très peu, sauf notamment dans le secteur extractif, l’agro-alimentaire ou la construction des grandes infrastructures de l’économie coloniale ou d’intérêt stratégique… et mise à part l’exception du secteur textile indien. Dans des circonstances exceptionnelles, il arrivait toutefois que cette évidence fût remise en cause, suivant d’ailleurs des considérations extra-économiques : réflexions stratégiques sur la mise en valeur des colonies à la fin de la Grande Guerre (Sarraut), sur l’industrialisation des colonies à marche forcée au début de la Seconde Guerre mondiale, ou encore nécessité politique de tenir les promesses de développement arrachées à la fin de ce conflit, alors que les indépendances se profilaient à l’horizon (création du FIDES). « Les industries aux colonies » apparaissent donc en temps de paix comme un oxymore aux yeux des acteurs historiques : rares sont les entrepreneurs, tel Paul Bernard, qui militent pour une industrialisation des colonies. Mais l’oxymore est aussi historien, comme en témoigne le fait qu’ « industrialisation » constitue le mot le plus « out » dans les articles publiés sur le phénomène colonial selon Frederick Cooper (2005), à l’opposé des mots « in » comme « identité ». Il est donc proposé d’explorer davantage la présence des industries dans les colonies françaises ou étrangères, qu’elles soient d’origines locales ou européennes, précoloniales ou coloniales, ainsi que la chronologie de leur apparition et disparition, et les causes (douanières, législatives, technologiques, stratégiques, politiques etc.) de ces phénomènes, notamment à l’échelle locale, sans s’interdire d’analyser à l’échelle plus globale l’attitude fluctuante de l’Etat, des partis politiques, du patronat ou des syndicats face à la question de l’industrialisation des colonies. Les acteurs directs de cette industrialisation pourront aussi être interrogés : entrepreneurs et main-d’œuvre, qu’elle soit civile ou militaire, volontaire ou forcée, masculine ou beaucoup plus rarement féminine, ingénieurs et techniciens, souvent à l’origine d’innovations audacieuses dans les grands chantiers de travaux publics coloniaux, que ce soit dans la phase de mise en valeur initiale ou durant l’âge d’or de l’entre-deux-guerres (Dominique Barjot).

« Industrie aux colonies » et, inversement, dans une perspective impériale, présence indigène dans l’industrie métropolitaine : si, croit-on alors, le Plan de Constantine constitue une réponse à la crise malthusienne et au-delà politique qui menace l’Algérie française, le « problème » démographique algérien trouve surtout un début de réponse avec l’immigration croissante de la population masculine dans les usines de la métropole. Depuis quelques années, la contribution de la main-d’œuvre indigène à l’économie de la métropole a fait l’objet d’un regain d’intérêt de la part d’une jeune génération de chercheuses et chercheurs. Ouvriers indochinois de la Grande Guerre (16% des ouvriers civils des usines d’armement français sont indigènes en 1914-1918) ou main-d’œuvre algérienne des bidonvilles parisiens des Trente Glorieuses nous sont désormais mieux connus, mais ce champ de recherche ouvert depuis peu mérite encore d’être exploré : le Dictionnaire de la colonisation française de Claude Liauzu ne comporte pas d’entrée « ouvrier ». Conditions de vie et de travail, gestion coloniale de la main-d’œuvre, trajectoires personnelles, et cycles de vie, percée des premiers cadres indigènes, etc. pourront ainsi être évoqués.

Téléchargez l’appel à communications en PDF

Calendrier et modalités pratiques

Merci d’adresser vos propositions de communication (titre, résumé d’une page maximum, courte présentation biographique) à regis.boulat@uha.fr et laurent.heyberger@utbm.fr avant le 26 février 2018. La sélection des communications sera indiquée aux proposants au plus tard le 12 mars. Les communications durant les JHI dureront 30 mn, questions comprises.

Organisateurs

Régis Boulat (UHA) et Laurent Heyberger (UTBM-UBFC).

Comité scientifique

  • Régis Boulat, UHA
  • Jean-Claude Daumas, Université de Franche-Comté-UBFC
  • Aziza Gril-Mariotte, UHA
  • Michel Hau, Université de Strasbourg
  • Laurent Heyberger, UTBM-UBFC
  • Pierre Lamard, UTBM-UBFC
  • Nicolas Stoskopf, UHA
  • Laurent Tissot, Université de Neuchâtel
30/11/2017 – Journée d’études “Techniques et alimentation en temps de guerre”

30/11/2017 – Journée d’études “Techniques et alimentation en temps de guerre”

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Food Will Win the War, US Food Administration, ca. 1917. (Gilder Lehrman Collection)
Food Will Win the War, US Food Administration, ca. 1917. (Gilder Lehrman Collection)

30 novembre 2017 – Journée d’étude

Techniques et alimentation en temps de guerre

Campus Fonderie, UHA, Mulhouse

Programme

 

9h : Accueil – Introduction

9h20 : Le pain de munition, « nerf de la guerre », des armées françaises (1588-1814).
Hugues MARQUIS : docteur en histoire, professeur agrégé à l’École supérieure du professorat et de l’éducation (ESPE) – Université de Poitiers

9h50 : Une approche diachronique des politiques alimentaires en Belgique occupée (1914-1918 & 1940-1944).
Luis Angel BERNARDO Y GARCIA : chef de travaux, Archives générales du royaume de Belgique

Pause

10h40 : Guerre contre les maladies et conditionnement des médicaments par les apothicaires sous l’Ancien Régime.
Bruno MAES : maître de conférences (habilité à diriger des recherches) en histoire moderne, Université de Nancy – Centre de recherche universitaire lorrain d’histoire (CRULH)

11h10 : La bataille du sucre ou la défaite méconnue de Napoléon Ier : l’échec d’une planification technico-administrative.
Ludovic LALOUX : maître de conférences (habilité à diriger des recherches) en histoire contemporaine, Université de Bordeaux – CRESAT

11h40 : Les documents réglementaires organisant la répartition alimentaire dans les camps de prisonniers en Union soviétique (1939-1956).
Gaël MOULLEC : chargé de communication, Académie des sciences

12h20 : Fin des travaux de la matinée

14h : La question de l’alimentation des mineurs dans les charbonnages liégeois durant la Première Guerre mondiale.
Arnaud PÉTERS : chercheur au Centre d’histoire des sciences et des techniques (CHST) de l’Université de Liège

14h30 : Les interdits religieux dans les rations militaires : rations halal et casher dans les armées française et américaine, étude comparée.
Vincent MORINIAUX : maître de conférences en géographie, Université de Paris IV

15h10 : Aspects techniques de la guerre économique sur les marchés financiers entre grands et petits producteurs de l’agroalimentaire.
Vagner OCNER FILHO : Université pontificale catholique – São Paulo, Brésil

15h50 : Mot de clôture des travaux

Argumentaire

 

À l’issue de la bataille de Marengo (1800), Dunand, cuisinier de Napoléon Bonaparte, sert à ce dernier une sauce inédite, fruit des circonstances de l’heure, qui rehausse un plat de poulet et d’écrevisses. Par delà l’anecdote qui témoigne d’une recette aux aspects techniques qui relèvent plutôt de l’utilisation de ressources disponibles sous la main, l’alimentation en période de guerre s’avère souvent difficile, à la fois pour les populations civiles et les combattants, aussi bien sur le plan nutritionnel qu’en raison des restrictions du volume de denrées disponibles. Sur le plan technique, comment est-il possible d’apporter des améliorations pour donner à manger correctement au plus grand nombre de personnes alors que les conditions du moment constituent autant d’entraves ? Lors des conflits contemporains, voient le jour des initiatives techniques novatrices ou de nature à s’inspirer de pratiques anciennes afin d’augmenter les volumes de productions agricoles ou d’adapter des recettes face à la pénurie et aux restrictions, de veiller à un conditionnement plus particulièrement adapté à la conservation des produits et des mets ainsi que, enfin, de mettre en place les transports les plus adéquats afin de permettre de nourrir au mieux le plus grand nombre de personnes tout en cherchant à garantir la sécurité de la chaîne alimentaire.

Productions alimentaires, recettes et cuisine

Des techniques de forçage dans les potagers, en passant par une translation de cultures comme la betterave à sucre lors de la Grande Guerre en dehors des zones de combats avec les transformations de l’outillage inhérentes à un tel changement jusqu’aux modifications de machines  qui  en  découlent  pour  l’industrie  agroalimentaire,  le  secteur  de  la  production connaît des bouleversements techniques dans la vie quotidienne agricole. Le fait de chercher à produire davantage avec moins de bras en raison des réquisitions de main d’œuvre pour la conscription  ou  pour  être  au  service  de  l’occupant  entraîne  des  répercussions  dans l’agriculture. Des cultures, comme celles du rutabaga et du topinambour, connaissent un regain d’intérêt au cours de la Deuxième Guerre mondiale.

Ces différents changements affectent la vie quotidienne des civils, au point que des livres de cuisine (Hélène DELAGE, Ginette MATHIOT, Je sais cuisiner) offrent des recettes de temps de guerre ou de pénurie pour pallier aux difficultés de préparer des repas. De leur côté, les militaires connaissent la cantine mais aussi la roulante ou popote, ainsi que le ragoût, le singe, la musette, la gnôle, le jus et bien d’autres appellations ou réalités nouvelles. Par delà ces nouveautés, dans quelle mesure de nouvelles techniques de production voient réellement le jour et s’imposent durablement ? Sur le plan agroalimentaire, les conflits conduisent-ils à des changements durables et profonds dans les modes de production agricole ?

Conditionnement et conservation

Dès 1806, l’Armée impériale s’approvisionne en conserves de Nicolas Appert. Depuis lors, les conserves de petits pois, de sardines à l’huile (Clair Fredj et Jean-Christophe Fichou, 2010) ou encore les boîtes de corneed-beef et les boîtes de ration de combat concourent à nourrir les militaires en opération. Dans son Grand dictionnaire de cuisine (1873), Alexandre Dumas se montrait élogieux à l’égard des moyens de conserver les aliments : « Les conserves sont une grande et précieuse ressource pour la marine et l’armée, ainsi que pour l’économie domestique. » L’importante consommation de sucre en 1915, la deuxième année de plus grande consommation à l’époque après 1913, s’explique par l’utilisation du sucre pour assurer la conservation des fruits. Plus récemment, à la fin du XXe siècle, la cuisine lors de la guerre en ex-Yougoslavie montre des soldats de l’ONU où la cuisine française se distingue, en particulier pour la fabrication du pain, illustrant le fait que l’ère des boîtes de ration présente ses limites. Outre les conserves, quels sont les autres moyens privilégiés pour consommer des produits frais des semaines ou des mois plus tard ? La question se pose également pour le poisson ou la viande. Les guerres conduisent-elles à des changements, des adaptations ou des transformations  des  procédés  de  conservation  mis  au  point ?  Comment  s’organise  le ravitaillement non seulement sur le plan alimentaire mais aussi pour les liquides consommés, en particulier l’eau ? Les conflits armés contribuent-ils à de grands changements techniques pour l’alimentation des populations ?

Transports et distribution

Le transport des denrées n’est évidemment pas le même en période de paix et en temps de guerre. L’acheminement du rata en première ligne aux soldats des tranchées de la Grande Guerre, la distribution de vivres aux populations civiles des territoires envahis lors de ce conflit ou encore le trajet effectué à travers l’Atlantique de viandes d’Argentine ou des États- Unis, de sucre de canne ou d’autres vivres du continent américain ne se posent pas dans les mêmes termes de 1914 à 1918 que dans les années précédentes. Au cours de la Grande Guerre, l’abattage de bêtes non loin du réseau des tranchées nécessite la mise en place d’installations spécifiques. À l’évidence, périodes de temps de paix et de guerre ne se superposent pas.

Par ailleurs, lors des conflits, se posent de multiples problèmes, aussi bien à propos de la vente des produits, de leur acheminement sur les lieux de consommation, de la mise en place de tickets de rationnement pour gérer la pénurie ambiante, de la situation plus particulièrement délicate des prisonniers de guerre, des personnes déplacées ou internées. La gestion de la pénurie par les États s’appuie sur une vaste propagande (affiches journaux magazines…). L’un des meilleurs exemples est la US Food administration créée en 1917 pour assurer le ravitaillement des troupes américaines et alliées, ainsi que celui de la population civile aux États-Unis et dans les pays alliés. La US Food administration assure la collecte de nourriture et gère la pénurie et le rationnement. Elle lance les meatless Mondays, le victory gardening par des campagnes d’affiches, des articles ou encore des cours (US School garden army) et promeut le slogan Food will win the war. Dans quelle mesure l’État parvient, ou non, à  organiser  un  nouveau  système  de  répartition  des  vivres ?  Comment  les  entreprises  se transforment-elles  et  participent-elles  aux  modifications  qui  marquent  la  société ?  Quels problèmes techniques et sanitaires doivent être résolus afin de répartir les denrées ? L’impact des nouveautés techniques demeure-t-il effectif lors du retour à la paix ?

Organisation

  • Ludovic LALOUX : maître de conférences HDR en histoire contemporaine, Université de Bordeaux, CRESAT.
  • Hugues MARQUIS : docteur en histoire, professeur agrégé, Université de Poitiers.
  • Gersende PIERNAS : Archives nationales du monde du travail (Roubaix).
  • Arnaud  PÉTERS :  Centre  d’histoire  des  sciences  et  des  techniques  (Université  de Liège).

 

11/12/2017 – Journée d’étude “Communication en organisation – Quel périmètre et quel statut pour une fonction hybride ?”

11/12/2017 – Journée d’étude “Communication en organisation – Quel périmètre et quel statut pour une fonction hybride ?”

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Affiche V1 11 décembre 2017 – Journée d’étude

Communication en organisation – Quel périmètre et quel statut pour une fonction hybride ?

Présentation

Cette journée d’étude s’inscrit dans le cadre du projet BQR « Innovation transfrontalière et fonction communication » et plus globalement dans la continuité des travaux menés au sein du CRESAT autour des usages numériques. Ceux-ci ont déjà porté sur les usages liés aux données (Projets Traces 2013), les méthodes digitales (JE 2015), la mémoire (JE 2016), les usages des médias numériques (Projet CUMEN 2016-2017) et l’identité numérique (JE 2017).

Le projet BQR « Innovation transfrontalière et fonction communication » vise à questionner le rôle, effectif ou potentiel, de la fonction communication dans des organisations engagées dans une démarche de développement, que celui-ci passe par une volonté d’innover, ou par celle de s’insérer sur de nouveaux territoires à l’échelle internationale. La prise en compte des usages numériques par les professionnels de la communication, en tant que marqueur de leurs conceptions de la relation envers des acteurs internes et externes, représentera un point de départ pour cette journée d’échanges entre chercheurs et professionnels.

En 2013, au sein du premier numéro des Cahiers du Resiproc, Dany Baillargeon, Vincent Brulois, Catherine Coyette, Marc D. David, François Lambotte et Valérie Lépine, proposaient un retour détaillé sur les « Figures et les dynamiques » de la professionnalisation des communicants. Sur la base d’une étude menée auprès d’associations professionnelles de communicants en France et au Canada, il s’agissait alors de questionner la « figure » du communicant telle qu’elle apparaît dans les discours managériaux. Il s’agit alors d’interroger à la fois la fonction et l’identité de ces professionnels, notamment à travers l’idée qu’ils peuvent se faire de leur(s) métier(s) (« l’éthos du professionnel »), à travers la manière dont ils revendiquent ou non une spécialisation pour se légitimer (« La praxis de légitimation ») et enfin à travers les « artefacts », c’est-à-dire les dispositifs dont la mobilisation témoignerait de leur professionnalisme. Sur la base de cette étude, les auteurs mettaient notamment en évidence une tension entre, d’une part un discours valorisant un idéal de prise de recul stratégique et, d’autre part, une tendance à la mise en avant d’un professionnel « couteau suisse » dont la réactivité et l’adaptabilité seraient les compétences centrales.

Pendant les presque cinq ans qui nous séparent de cette recherche, les pratiques des professionnels de la communication ont continué à évoluer dans un environnement marqué notamment par le développement des outils et des canaux numériques. Cette journée d’étude propose de faire le point sur les continuités et les évolutions concernant à la fois le périmètre d’action et le statut des communicants en organisation.

Que pouvons nous dire aujourd’hui du positionnement de ces professionnels face à la notion de stratégie, notamment à travers leurs pratiques et leurs discours ? Peut-elle encore être assimilée à un symbole de légitimité pour ces professionnels quand la fonction marketing en revendique aussi la responsabilité ? L’urgence de la réaction et la nécessité de la production médiatique ont-elles pris le dessus sur toute velléité d’anticipation ? Si le marketing s’est fait relationnel et RH, qu’en est-il des prérogatives de la communication interne ? Plus globalement, comment la fonction communication s’inscrit-elle aujourd’hui dans le temps long, notamment quand l’un de ses objectifs est celui d’un développement de l’organisation ou d’une offre porteuse de sens et de plus-value, laquelle demeure un vecteur d’affichage et de positionnement pour un certain nombre de structures ? En quoi et comment cette fonction tente-t-elle d’intégrer et/ou de s’approprier mais aussi de répondre à des enjeux et des missions envers lesquels elle se trouve mobilisée tardivement et même en aval des projets de changement ? Qu’en est-il alors du devenir professionnel et symbolique d’un communicant dont on se plaît à dire qu’il représente une forme avancée d’hybridation et d’ « agilité » requise et mise en avant par des organisations en mal de réponse face à la complexification de leurs activités ?

Cette journée d’étude rassemblera chercheurs et praticiens de la communication intéressés par les problématiques liées aux mutations de la fonction communication. Au delà d’un public étudiant, les acteurs locaux de ce secteur seront également invités à assister à l’événement. Cette journée représentera également une première étape vers la publication d’un numéro de revue consacré à ces thématiques.

Quand ?

Lundi 11 décembre 2017

Inscription gratuite et obligatoire sur Eventbrite avant le jeudi 7 décembre

 

Où ?

Université de Haute Alsace – Campus Fonderie

16 rue de la Fonderie, 68093 Mulhouse

Accès à pied en 15mn depuis la gare centrale. Parking (payant) devant le bâtiment ou accès en bus (ligne 10, arrêt Fonderie).

 

Programme

 

10h – Accueil des participants

10h30 – Mot de bienvenue et présentation de la journée

Fabien Bonnet : MCF, Université de Haute Alsace, CRESAT (EA 3436), Porteur du projet BQR “Fonction communication et innovation transfrontalière”

10h45 – Table ronde n°1 : Communication et numérique

10h45-11h – Valérie Lépine : MCF, Université Grenoble Alpes – GRESEC (EA 608), Co-fondatrice du réseau RESIPROC
“5 ans après – Retour sur les travaux de RESIPROC”

11h-11h15 – Noël Jantet : Expert et formateur en marketing et communication digital, Idealweb
“Point d’étape sur la digitalisation de la fonction communication”

11h15-11h30 – Échange avec la salle

11h30 – Table ronde n°2 : Marketing et communication – Quels professionnels pour quelle relation aux publics ?

11h30-11h45 – Françoise Simon : PR, Université de Haute Alsace, CREGO (EA 7317). Membre du Center for Customer Management, groupe de recherche en management de la relation client
“La fonction Communication incarnée par le marketing : bilan des pratiques et nouveaux enjeux”

11h45-12h – Fabien Bonnet : MCF, Université de Haute Alsace, CRESAT (EA 3436)
“Positionnement éditorial et branding – Entre efficacité opérationnelle et ambition culturelle.”

12h-12h15 – Échange avec la salle

12h15 – Table ronde n°3 : Communication publique – Quelles convergences et quels écarts avec la sphère marchande ?

12h15-12h30 – Dominique Bessières : MCF, Université de Rennes 2, PREFICS (EA 7469). Membre du conseil d’administration de Communication publique, association pour la communication des institutions publiques
“Évolutions de la communication publique – Entre ancrage historique et problématique des usages numériques.”

12h30-12h45 – Sabine Frantz d’Ours : Responsable de la communication et des ressources, Agence culturelle Grand Est
“Communication d’une institution culturelle : permanences et évolutions à l’ère numérique.”

12h45-13h – Échange avec la salle

13h-14h30 – Pause repas

 14h30 – Table ronde n°4 : Communication interne – Quel statut dans l’organisation ?

14h30-14h45 – Vincent Brulois : MCF, Université Paris 13, LabSIC (EA 1803). Coordinateur du numéro 30 de la revue Sociologies pratiques “Communication en entreprise. Chacun cherche sa voix”
“Communication interne – Quel ancrage dans l’organisation ? “

14h45-15h – François Cozzo : responsable communication, Butachimie
“Quelle légitimité pour la communication interne dans l’entreprise ?”

15h-15h15 – Échange avec la salle

15h15 – Table ronde n°5 : Communication et compétences – Quelles compétences pour une fonction hybride ?

15h15-15h30 – Valérie Lépine : MCF, Université Grenoble Alpes – GRESEC (EA 608). Co-fondatrice du réseau RESIPROC
“Comment définir les compétences du communicant ?”

15h30-15h45 – Feiza Sabour : chef de projet web, Adipso
“Le chef de projet est-il un communicant ? “

15h45-16h – Échange avec la salle

16h-16h15 – Conclusion

16h15-17h – Échange autour d’un verre

Appel à communications : Techniques et alimentation en temps de guerre

Appel à communications : Techniques et alimentation en temps de guerre

Activités, Actualités, Agenda, Colloques et journées d'études
Food Will Win the War, US Food Administration, ca. 1917. (Gilder Lehrman Collection)
Food Will Win the War, US Food Administration, ca. 1917. (Gilder Lehrman Collection)

Appel à communications

Techniques et alimentation en temps de guerre

Journée d’études – Jeudi 30 novembre 2017 à Mulhouse

Centre de recherche sur les économies, les sociétés, les arts et les techniques (CRESAT, EA 3436), UHA

À l’issue de la bataille de Marengo (1800), Dunand, cuisinier de Napoléon Bonaparte, sert à ce dernier une sauce inédite, fruit des circonstances de l’heure, qui rehausse un plat de poulet et d’écrevisses. Par delà l’anecdote qui témoigne d’une recette aux aspects techniques qui relèvent plutôt de l’utilisation de ressources disponibles sous la main, l’alimentation en période de guerre s’avère souvent difficile, à la fois pour les populations civiles et les combattants, aussi bien sur le plan nutritionnel qu’en raison des restrictions du volume de denrées disponibles. Sur le plan technique, comment est-il possible d’apporter des améliorations pour donner à manger correctement au plus grand nombre de personnes alors que les conditions du moment constituent autant d’entraves ? Lors des conflits contemporains, voient le jour des initiatives techniques novatrices ou de nature à s’inspirer de pratiques anciennes afin d’augmenter les volumes de productions agricoles ou d’adapter des recettes face à la pénurie et aux restrictions, de veiller à un conditionnement plus particulièrement adapté à la conservation des produits et des mets ainsi que, enfin, de mettre en place les transports les plus adéquats afin de permettre de nourrir au mieux le plus grand nombre de personnes tout en cherchant à garantir la sécurité de la chaîne alimentaire.

Productions alimentaires, recettes et cuisine

Des techniques de forçage dans les potagers, en passant par une translation de cultures comme la betterave à sucre lors de la Grande Guerre en dehors des zones de combats avec les transformations de l’outillage inhérentes à un tel changement jusqu’aux modifications de machines  qui  en  découlent  pour  l’industrie  agroalimentaire,  le  secteur  de  la  production connaît des bouleversements techniques dans la vie quotidienne agricole. Le fait de chercher à produire davantage avec moins de bras en raison des réquisitions de main d’œuvre pour la conscription  ou  pour  être  au  service  de  l’occupant  entraîne  des  répercussions  dans l’agriculture. Des cultures, comme celles du rutabaga et du topinambour, connaissent un regain d’intérêt au cours de la Deuxième Guerre mondiale.

Ces différents changements affectent la vie quotidienne des civils, au point que des livres de cuisine (Hélène DELAGE, Ginette MATHIOT, Je sais cuisiner) offrent des recettes de temps de guerre ou de pénurie pour pallier aux difficultés de préparer des repas. De leur côté, les militaires connaissent la cantine mais aussi la roulante ou popote, ainsi que le ragoût, le singe, la musette, la gnôle, le jus et bien d’autres appellations ou réalités nouvelles. Par delà ces nouveautés, dans quelle mesure de nouvelles techniques de production voient réellement le jour et s’imposent durablement ? Sur le plan agroalimentaire, les conflits conduisent-ils à des changements durables et profonds dans les modes de production agricole ?

Conditionnement et conservation

Dès 1806, l’Armée impériale s’approvisionne en conserves de Nicolas Appert. Depuis lors, les conserves de petits pois, de sardines à l’huile (Clair Fredj et Jean-Christophe Fichou, 2010) ou encore les boîtes de corneed-beef et les boîtes de ration de combat concourent à nourrir les militaires en opération. Dans son Grand dictionnaire de cuisine (1873), Alexandre Dumas se montrait élogieux à l’égard des moyens de conserver les aliments : « Les conserves sont une grande et précieuse ressource pour la marine et l’armée, ainsi que pour l’économie domestique. » L’importante consommation de sucre en 1915, la deuxième année de plus grande consommation à l’époque après 1913, s’explique par l’utilisation du sucre pour assurer la conservation des fruits. Plus récemment, à la fin du XXe siècle, la cuisine lors de la guerre en ex-Yougoslavie montre des soldats de l’ONU où la cuisine française se distingue, en particulier pour la fabrication du pain, illustrant le fait que l’ère des boîtes de ration présente ses limites. Outre les conserves, quels sont les autres moyens privilégiés pour consommer des produits frais des semaines ou des mois plus tard ? La question se pose également pour le poisson ou la viande. Les guerres conduisent-elles à des changements, des adaptations ou des transformations  des  procédés  de  conservation  mis  au  point ?  Comment  s’organise  le ravitaillement non seulement sur le plan alimentaire mais aussi pour les liquides consommés, en particulier l’eau ? Les conflits armés contribuent-ils à de grands changements techniques pour l’alimentation des populations ?

Transports et distribution

Le transport des denrées n’est évidemment pas le même en période de paix et en temps de guerre. L’acheminement du rata en première ligne aux soldats des tranchées de la Grande Guerre, la distribution de vivres aux populations civiles des territoires envahis lors de ce conflit ou encore le trajet effectué à travers l’Atlantique de viandes d’Argentine ou des États- Unis, de sucre de canne ou d’autres vivres du continent américain ne se posent pas dans les mêmes termes de 1914 à 1918 que dans les années précédentes. Au cours de la Grande Guerre, l’abattage de bêtes non loin du réseau des tranchées nécessite la mise en place d’installations spécifiques. À l’évidence, périodes de temps de paix et de guerre ne se superposent pas.

Par ailleurs, lors des conflits, se posent de multiples problèmes, aussi bien à propos de la vente des produits, de leur acheminement sur les lieux de consommation, de la mise en place de tickets de rationnement pour gérer la pénurie ambiante, de la situation plus particulièrement délicate des prisonniers de guerre, des personnes déplacées ou internées. La gestion de la pénurie par les États s’appuie sur une vaste propagande (affiches journaux magazines…). L’un des meilleurs exemples est la US Food administration créée en 1917 pour assurer le ravitaillement des troupes américaines et alliées, ainsi que celui de la population civile aux États-Unis et dans les pays alliés. La US Food administration assure la collecte de nourriture et gère la pénurie et le rationnement. Elle lance les meatless Mondays, le victory gardening par des campagnes d’affiches, des articles ou encore des cours (US School garden army) et promeut le slogan Food will win the war. Dans quelle mesure l’État parvient, ou non, à  organiser  un  nouveau  système  de  répartition  des  vivres ?  Comment  les  entreprises  se transforment-elles  et  participent-elles  aux  modifications  qui  marquent  la  société ?  Quels problèmes techniques et sanitaires doivent être résolus afin de répartir les denrées ? L’impact des nouveautés techniques demeure-t-il effectif lors du retour à la paix ?

Modalités de soumission

Par le biais de leurs membres, le Centre de recherche sur les économies, les sociétés, les  arts  et  les  techniques  (CRESAT,  EA  3436)  de  l’Université  de  Haute-Alsace  et  les Archives nationales du monde du travail (Roubaix) projettent, pour la période contemporaine, une journée d’études sur le thème « Techniques et alimentation en temps de guerre ». La présentation de ces thèmes (productions alimentaires, recettes et cuisine ; conditionnement et conservation ;  transport  et  distribution)  n’exclut  pas  l’étude  d’autres  réalités  susceptibles d’être prises en compte à cette occasion, notamment la question de l’énergie.

Les personnes désireuses de proposer une communication sont invitées à adresser leurs  coordonnées,  un  résumé  (une  demi-page)  de  leur  proposition  d’intervention  et  la mention des sources envisagées à Ludovic Laloux (lclaloux@gmail.com), Hugues Marquis (hugues.marquis@univ-poitiers.fr), Gersende Piernas (gersende.piernas@culture.gouv.fr)  ou  Arnaud  Péters  (arnaud.peters@ulg.ac.be)  avant  le 20 octobre 2017. Les responsables de la journée d’études les en remercient.

Les communications retenues et le programme définitif de la journée d’étude seront connus  pour le début du mois de novembre 2017.

Organisation

  • Ludovic LALOUX : maître de conférences HDR en histoire contemporaine, Université de Bordeaux, CRESAT.
  • Hugues MARQUIS : docteur en histoire, professeur agrégé, Université de Poitiers.
  • Gersende PIERNAS : Archives nationales du monde du travail (Roubaix).
  • Arnaud  PÉTERS :  Centre  d’histoire  des  sciences  et  des  techniques  (Université  de Liège).
13/11/2017 – Clio en cartes 5 : cartographier la frontière hier et aujourd’hui

13/11/2017 – Clio en cartes 5 : cartographier la frontière hier et aujourd’hui

Activités, Agenda, Colloques et journées d'études

Clio-5-affiche-web 13 novembre 2017 – Journée d’étude

Clio en cartes 5 : cartographier la frontière hier et aujourd’hui

Argumentaire

Pour sa cinquième édition, Clio en cartes souhaite s’intéresser à la thématique des représentations cartographiques des frontières. Objets géographiques et historiques, ces dernières ont des incidences sur l’organisation des espaces et des sociétés et intègrent différentes dimensions (politique, symbolique et matérielle) qui peuvent être, au choix, ignorées ou au contraire prises en compte lors du processus d’élaboration des cartes.
On s’interrogera, d’une part, sur les enjeux de la cartographie des frontières hier et aujourd’hui d’autant plus que ces dernières connaissent de profondes transformations : dévaluation de certaines frontières dans le cadre du processus de construction européenne ; transfert de fonctions vers des frontières–nœuds (aéroports, ports) ; militarisation et édification de murs ; etc.  En quoi la cartographie permet-elle une représentation des frontières ou autrement dit, comment les cartes aident-elles à fixer, à un moment donné, une frontière ? Alors que, jusqu’au XIXe siècle, les contemporains distinguaient la « frontière » (registre de l’Etat, des principautés et de de la guerre) de la « limite » (plus précise, plus fine, contractuelle et polycentrique), on cherchera d’abord à étudier comment l’outil cartographique a permis, à l’époque, de représenter et de définir ces espaces de contacts avant de s’intéresser à la manière dont les chercheurs cartographient ces territoires. Porteuses d’un message politique, résultats de choix, les cartes fixent sur le papier – ou sur les écrans – des représentations de l’espace parfois contradictoires.
On cherchera, d’autre part, à étudier le rôle de la cartographie dans le processus de questionnement de la pertinence des frontières politiques aujourd’hui comme hier. Il s’agit en effet de rendre compte de phénomènes transfrontaliers complexes qui s’étendent parfois sur un temps long et sont ainsi confrontés à de multiples recompositions territoriales. Est-il possible de matérialiser la perméabilité d’une frontière ? Quelles sont les sources et méthodes à disposition des chercheurs ? Toutes les frontières sont-elles cartographiables ?
Ces questions dépassant le niveau des frontières étatiques contemporaines, les contributions devront permettre de construire une réflexion multiscalaire et diachronique.

La journée d’étude est organisée par l’Atlas historique d’Alsace (www.atlas.historique.alsace.uha.fr), une composante du CRESAT (www.cresat.uha.fr). Elle bénéficie du soutien du centre de compétences transfrontalières NovaTris.

Téléchargez le programme en PDF

Comité scientifique

Bernard Reitel, professeur de géographie, Université d’Artois
Nicolas Verdier, directeur de recherche, CNRS, et directeur d’étude, EHESS
Régis Boulat, maître de conférences en histoire contemporaine, UHA
Benjamin Furst, docteur en histoire moderne, ingénieur d’étude, UHA
Odile Kammerer, professeur honoraire d’histoire médiévale, directeur de publication de l’Atlas historique d’Alsace

Organisation

Régis Boulat | regis.boulat@uha.fr
Benjamin Furst | benjamin.furst@uha.fr
Odile Kammerer | odile.kammerer@gmail.com