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Séminaire thématique

Pour une histoire transnationale des installations et des essais nucléaires

MSHP – CRÉSAT – INALCO

Novembre 2020 – Juin 2021

Résumé

Le gouvernement de la Polynésie française a sollicité la Maison des Sciences de l’Homme du Pacifique (MSHP) pour contribuer à la conservation de la mémoire du CEP et à la mise en lumière de ses enjeux historiques. La MSHP a retenu la double proposition formulée par le CRÉSAT (Université de Haute-Alsace) : écrire l’histoire des essais nucléaires en Polynésie française et mener des enquêtes de terrain pour enregistrer la mémoire orale des acteurs du CEP, qu’il s’agisse des vétérans polynésiens ou métropolitains, ou des populations civiles concernées par leurs fonctions ou leurs lieux de résidence. Le CEP était en effet constitué de sites de tirs (Moruroa, Fangataufa), de bases avancées (Hao, Mangareva), d’une base arrière à Tahiti, sans compter les stations, permanentes ou temporaires de prévisions météorologiques et d’analyse des retombées radioactives, mobilisant au total, sur l’ensemble de la période, des dizaines de milliers de personnes militaires et civils.

Dans cet esprit, et parallèlement au programme de recherche « Écrire l’histoire du CEP », le CRÉSAT, la MSHP et l’INALCO organisent un séminaire ouvert au public à l’INALCO : « Pour une histoire transnationale des installations et des essais nucléaires ». Ce séminaire ambitionne d’élargir l’étude du CEP grâce à une approche comparée (essais américains, britanniques, soviétiques) et transnationale (réception des essais français par ses partenaires européens, réseaux d’opposants régionaux, etc).

Prolongeant et complétant les interventions de l’année précédente, les 8 séances programmées pour 2020-2021 présenteront les travaux de chercheurs français et étrangers travaillant sur des installations et les programmes d’essais des puissances nucléaires, mais aussi le CEP lui-même. Le séminaire sera l’occasion de faire connaître différentes approches de la fabrique de la dissuasion par le bas, en proposant une histoire fine des lieux, des places et des populations qui ont permis la construction des arsenaux atomiques, et d’ouvrir la recherche française aux travaux déjà menés en ce sens depuis une quinzaine d’années (Holly M. Barker, Bravo for the Marshallese : Regaining control in a post-nuclear, post-colonial world, Thomson/Wadsworth, 2004 ; Hugh Gusterson, People of the bomb: Portraits of America’s nuclear complex, University of Minnesota Press, 2004). Cette approche a notamment donné lieu à la publication cette année des ouvrages de Lindsay Freeman, The Atom bomb in me, Stanford University Press, 2019 et Becky Alexis- Martin, Disarming Doomsday: The Human Impact of Nuclear Weapons Since Hiroshima, Pluto Press, 2019.

Programme

19 novembre 2020

Maxime Launay, doctorant en histoire contemporaine, Sorbonne Université
La fabrique de la culture nucléaire française : 1978-1985, le temps du consensus

17 décembre 2020

Lucie Genay, maître de conférences en civilisation américaine, Université de Limoges
Pantex 1989-2000 : les défis de la cohabitation avec une usine d’armes nucléaires au Texas à la fin de la Guerre froide

21 janvier 2021

Becky Alexis-Martin, Lecturer en géographie humaine, Manchester Metropolitan University
« L’héritage des essais nucléaires anglais dans le Pacifique »
(en visioconférence)

18 février 2021

Thomas Jonter, professeur de relations internationals, Stockholm University
The Swedish Plans to Acquire Nuclear Weapons During the Cold War 

18 mars 2021

Rens van Munster, Chercheur senior en relations internationals, Danish Institute for International Studies
The Marshall Islands and the American Trials

15 avril 2021

Austin Cooper, doctorant en histoire et sociologie des sciences, University of Pennsylvania
La mesure des essais nucléaires français au Sahara : diplomatie, coopérations, et tensions transnationales

20 mai 2021

Nicolas Badalassi, maître de conférences en histoire contemporaine, Sciences Po Aix
La France face à ses partenaires européens : la question de la dissuasion nucléaire et des essais dans le Pacifique, années 1960-1970

17 juin 2021

Marie Ghis Malfilatre, maîtresse de conférences en sociologie, Université de Bretagne Occidentale
Faire la paix avec le passé ? Politiques de réparation des maladies radio-induites dans l’Amérique de l’après guerre froide.

Informations pratiques

Les séminaires se tiennent à l’INALCO, de 18 à 20h, afin de permettre aux enseignants-chercheurs et  étudiants résidents en Polynésie d’y assister par visio-conférence.

Institut national des langues et civilisations orientales
65, rue des Grands Moulins
75013 Paris
Salle 3.12

En raison du contexte sanitaire, le nombre de places physiques est limité à 27. Si vous souhaitez assister au séminaire en présentiel, merci de vous inscrire auprès de Benjamin Furst.

Les séminaires seront diffusés ou retransmis en ligne, dans la mesure du possible. Les informations de connexion pour chaque séminaire seront précisées dès que possible sur cette page.