Séminaire du CRESAT – Jean-Claude Daumas – Une France sans usines, comment en est-on arrivé là ?

Séminaire du CRESAT – Jean-Claude Daumas – Une France sans usines, comment en est-on arrivé là ?

Séminaires du CRESAT
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Séminaire du CRESAT – 24 octobre 2018

Une France sans usines, comment en est-on arrivé là ?

Jean-Claude Daumas, professeur émérite à l’Université de Franche Comté, membre honoraire de l’Institut universitaire de France

Résumé

La crise de 1973-1974 marque le début d’une nouvelle période dans l’histoire du capitalisme français : alors que le mode de régulation fordiste se décompose, l’internationalisation des marchés, la libéralisation financière et l’intégration européenne imposent de nouvelles contraintes auxquelles la France a plus de difficultés que la plupart des pays développés à s’adapter. L’industrie française qui est encore, au milieu des années 1970, moderne et puissante se retrouve affaiblie et marginalisée 40 ans plus tard. Son décrochage par rapport à l’industrie allemande qui pèse deux fois et demie plus lourd, est impressionnant. C’est dire que, plus que les autres pays européens, la France a été touchée par la désindustrialisation et la dégradation des échanges extérieurs de produits industriels. Aussi ne vit-t-elle plus qu’au rythme des fermetures d’usines, des plans sociaux, des chiffres du chômage et des grèves désespérées pour la défense de l’emploi.

Alors que plusieurs pays européens sont parvenus à sauvegarder leur industrie ou même ont réussi leur réindustrialisation, l’incohérence des politiques suivies par les gouvernements successifs ne lui a pas permis de remonter la pente, si bien que la situation ne cesse de se dégrader, au point que la France est désormais menacée d’un déclassement irréversible.

La question qui est au coeur de la conférence de Jean-Claude Daumas, et qui occupe plus largement le séminaire thématique du CRESAT de cette année, se révèle particulièrement d’actualité à l’heure où le constructeur automobile Ford s’apprêter à fermer son usine de Blanquefort.

Date et lieu

Mercredi 24 octobre – 17:00

Campus Fonderie – UHA

Salle des colloques

16 rue de la Fonderie

68100 Mulhouse

Séminaires thématiques du CRESAT : cinquante ans de désindustrialisation en France

Séminaires thématiques du CRESAT : cinquante ans de désindustrialisation en France

Activités, Séminaires du CRESAT
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Séminaire thématique du CRESAT

Cinquante ans de désindustrialisation en France

Argumentaire

Dans le sillon creusé par les premières Journées d’histoire industrielle de 2007, le séminaire thématique du CRESAT pour l’année universitaire 2018-2019 sera consacré à la désindustrialisation. Il permettra de faire de faire le point sur des travaux récents susceptibles d’éclairer d’un jour nouveau un phénomène longtemps nié ou minoré mais d’une actualité criante. En effet, au terme d’un long processus de désindustrialisation, l’industrie française est aujourd’hui affaiblie et marginalisée : après la disparition des secteurs traditionnels émaillée de grands naufrages retentissants de 1974 à 1987 (textile, charbon, machine-outil), la perte de l’emploi industriel s’est accélérée à nouveau entre 1990-1995 en raison d’une succession de crises monétaires en Europe et la dernière phase entamée en 2001 n’est pas terminée à jour. Au total, plusieurs millions d’emplois industriels ont disparu. Aux faiblesses structurelles de l’industrie française (coût du travail plutôt élevé, faible taux d’investissement, spécialisation insuffisante etc.) sont venus s’ajouter des facteurs aggravants : politiques publiques brouillonnes et contradictoires, injonctions Bruxelloises, mensonges des écologistes français à l’opinion publique sur l’industrie, la science et le progrès, croyance en une hypothétique société post-industrielle irréaliste, transformations structurelles des entreprises (mondialisation et financiarisation).

Programme

24 octobre 2018

Jean-Claude Daumas (Professeur émérite à l’Université de Franche Comté, membre honoraire de l’Institut universitaire de France)
Une France sans usines, comment en est-on arrivé là ?

28 novembre 2018

Pascal Raggi (Maître de conférences HDR à l’Université de Lorraine)
Un demi-siècle de désindustrialisation en Lorraine du fer (1963-2013).

12 décembre 2018

Pierre Labardin (Maître de conférences à l’Université Paris Dauphine)
Le visible et l’invisible. Une histoire de la fin de Manufrance (années 1970-1980).

27 février 2018

Hubert Bonin (Professeur émérite à l’Institut d’études politiques de Bordeaux)
Le destin des usines de seconde transformation métallurgique et mécanique en Gironde au cœur de la troisième révolution industrielle. Fonderie, pièces automobiles et pièces aéronautiques.

13 mars 2019

Fleur Laronze (Maître de conférences à l’Université de Haute Alsace)
Les mines d’or de Salsigne. Mise en lumière d’une catastrophe professionnelle silencieuse.

3 avril 2019

Marina Gasnier (Maître de conférences HDR à l’Université de Technologie Belfort
Montbéliard)
L’après désindustrialisation et la voie patrimoniale. 

Informations pratiques

Les séances ont lieu les mercredi à 17:00 dans la salle des colloques

Campus Fonderie – UHA

16 rue de la Fonderie

68100 Mulhouse

Colloque : quel avenir pour un territoire post-nucléaire ?

Colloque : quel avenir pour un territoire post-nucléaire ?

Colloques et journées d'études
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Colloque – 12 novembre 2018

Quel avenir pour un territoire post-nucléaire ?

Résumé

Prévue pour le quatrième trimestre 2019, la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim ajoutera les 2 réacteurs alsaciens aux 115 déjà à l’arrêt ailleurs dans le monde, et qui attendent d’être démantelés. Si les débats médiatiques et les échanges académiques se sont focalisés sur les aspects techniques et économiques du démantèlement, la réflexion sur les conséquences pour les territoires reste encore limitée. Alors que les centrales ont structuré et organisé la vie sociale, culturelle et économique de leurs voisinages, il est impératif d’inclure à la réflexion sur le devenir des infrastructures et de leurs employés, celle sur le sort du territoire dans lequel elles s’insèrent. Le foisonnement actuel des propositions pour l’avenir de Fessenheim et leur absence apparente de coordination, incite à prendre du recul. En effet, Fessenheim n’est pas la première centrale dont on envisage la fermeture et la France n’est pas le seul pays confronté à cette problématique. Il est essentiel de considérer sans tarder les expériences d’autres sites et d’autre pays pour envisager les différents avenirs possibles d’un territoire post-nucléaire.

L’objectif de cette journée d’étude est de rassembler des chercheurs de plusieurs disciplines pour partager les connaissances et explorer les chemins de développement qui, en France et ailleurs, s’offrent aux territoires après la fermeture d’une centrale nucléaire. En tirant les enseignements des expériences de plusieurs pays européens, il s’agira de réfléchir, notamment, aux potentielles valorisations patrimoniales et touristiques de l’histoire locale du nucléaire.

Pour plus de détails, consultez le programme ci-dessous et le résumé scientifique.

Inscription obligatoire avant le 5 novembre 2018

Date et lieu

Lundi 12 novembre – 10:00

Chambre de commerce et d’industrie  Sud Alsace Mulhouse

8, rue du 17 novembre

68100 Mulhouse

Colloque – 8e JHI : Les industries aux colonies, les indigènes en industrie (XVIIIe-XXe siècles)

Colloque – 8e JHI : Les industries aux colonies, les indigènes en industrie (XVIIIe-XXe siècles)

Colloques et journées d'études
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Colloque – 8 & 9 novembre 2018

8e JOURNÉES D’HISTOIRE INDUSTRIELLE

Les industries aux colonies, les indigènes en industrie (XVIIIe-XXe siècles)

Le Centre de recherche sur les économies, les sociétés, les arts et les techniques (CRESAT, EA 3436) de l’Université de Haute-Alsace (UHA) et l’axe de recherche transverse RECITS (Recherches et Etudes sur le Changement Industriel, Technologique et Sociétal) de l’UMR FEMTO-ST (6174), UTBM, ComUE UBFC ont choisi de consacrer les huitièmes Journées d’Histoire Industrielle à la thématique des industries aux colonies et des indigènes en industrie.

Retrouvez le programme ci-dessous ou téléchargez-le ici

Date et lieu

Jeudi 8 novembre 2018

UTBM – Sévenans

Rue de Leupe, 90400 Sevenans

Vendredi 9 novembre 2018

Campus Fonderie, UHA – Mulhouse

16 rue de la Fonderie, 68100 Mulhouse

Appel à communications – « Produire la carte : représentations transfrontalières et interculturelles », 20-22 mai 2019

Appel à communications – « Produire la carte : représentations transfrontalières et interculturelles », 20-22 mai 2019

Appel à communications
Plan de travail 4

Appel à communications – Colloque 20-22 mai 2019

Produire la carte : représentations transfrontalières et interculturelles de l’Antiquité à nos jours

Mulhouse, 20, 21 et 22 mai 2019

Résumé

Le colloque entend proposer une réflexion et des débats sur les modalités de représentation cartographique de phénomènes transfrontaliers et interculturels. Interdisciplinaire et international, il devrait encourager à penser la carte hors des frontières politiques, en proposant une réflexion articulée autour de trois axes : le temps (quelle a été la compatibilité de ces phénomènes interculturels avec les travaux de cartographie réalisés au cours de l’histoire ?), l’espace (quelles approches des phénomènes interculturels ou transfrontaliers selon les espaces d’études, de création et de diffusion des cartes ?) et la méthode (comment et pourquoi réaliser des cartes intégrant de tels phénomènes ?).

Argumentaire

Les travaux de l’Atlas historique d’Alsace ont montré que les frontières politiques actuelles, en particulier celle qui sépare la France de l’Allemagne le long du Rhin, sont souvent peu pertinentes dans les entreprises cartographiques portant sur des périodes antérieures ou des phénomènes culturels, sociaux, économiques ou encore environnementaux. Ces derniers dépassent en effet fréquemment les logiques administratives qui président trop souvent aux choix d’échelles et d’espaces cartographiés. Or, qu’elles soient ou non intégrées dans un Système d’information géographique (SIG), les cartes permettent aussi de mettre en lumière des phénomènes, des structures et des organisations spatiales répondant à d’autres logiques que celles des territoires politiques. Par des choix et des contraintes techniques (échelles, projections), graphiques (figurés, simplifications) mais aussi intellectuels, la carte donne autant à voir qu’elle laisse de côté, et pour répondre à des besoins précis, elle fige sur le papier (ou l’écran) des contrastes là où d’autres critères auraient pu laisser apparaître des continuités, et inversement.

 Le colloque entend contribuer à cette réflexion sur la démarche cartographique et s’interroger sur les modalités de représentation spatiale de phénomènes transfrontaliers d’une part et interculturels d’autre part. Les premiers renvoient inévitablement à la notion de frontière politique moderne, quasi-synonyme de limite et qui marque une différenciation systématique entre les territoires qu’elle sépare et qu’elle unit à la fois. A l’inverse, l’interculturel invite à considérer des frontières dynamiques car tout à la fois floues, mouvantes et poreuses, dont la coïncidence avec les limites politiques est loin d’être systématique. Trois questionnements indissociables orienteront les communications et les débats.

Le premier est temporel, et s’inscrit autant dans l’histoire de la cartographie que dans la cartographie historique. Il s’agira d’examiner les cartographies d’époque pour voir en quoi celles-ci ont pu figer certaines configurations territoriales, ou au contraire, lorsqu’elles sont support d’une idéologie, passent outre des organisations spatiales incompatibles avec leur message. Les travaux cartographiques réalisés dans le contexte des entreprises coloniales aux époques modernes et contemporaines semblent particulièrement propices à une telle réflexion. En quoi les cartes participent-elles aussi à la construction de systèmes nationaux de représentations ? De plus, dans quelle mesure, observe-t-on des évolutions ou des bifurcations ? On pourra également s’intéresser, par exemple, aux répercussions cartographiques de situations géopolitiques historiques, ou à l’usage des cartes en tant qu’outil pédagogique. La confrontation des territoires donnés à voir par les cartes anciennes et ceux mis en lumière par d’autres méthodes, y compris actuelles, sera bienvenue.

Un deuxième axe s’intéressera à la comparaison des pratiques cartographiques dans différents espaces marqués par des phénomènes interculturels ou transculturels. Les études de cas transfrontalières seront ici favorisées pour relever d’éventuelles différences de représentation d’un même espace. On pourra confronter les rapports à la carte, ainsi que son utilisation comme medium d’information et de travail par des groupes sociaux qui se distingueraient par une appartenance culturelle, étatique, linguistique différente. Par ailleurs, l’accès actuel à l’information (notamment grâce à sa dématérialisation qui contribue à son internationalisation) favorise la consultation de cartes dans d’autres contextes culturels que celui dans lequel elle a été produite, pouvant induire de nouveaux enjeux intellectuels, sociaux et politiques en termes de représentation de l’espace et du territoire, et jouer un rôle dans la diffusion de techniques, d’idées, de savoirs. Les interprétations de l’espace propres à chaque système politique et culturel résistent-elles aux interactions qui se multiplient aux échelles macrorégionales (l’Europe, par exemple) et mondiale ?

Les questions de méthode constitueront le troisième axe structurant la manifestation, en invitant les participants à réfléchir à la manière de cartographier les dynamiques transfrontalières et les objets interculturels. De la démarche heuristique conduisant à la carte, aux contraintes de projets scientifiques et pédagogiques plus imposants comme les atlas ou les SIG, les étapes, les approches et les solutions sont diverses et nombreuses pour en proposer une représentation graphique cohérente, a fortiori lorsqu’il s’agit de phénomènes historiques où les frontières actuelles n’ont plus de sens. Une fois la carte réalisée, quels usages l’historien, le géographe, l’archéologue, le sociologue… peut-il en faire pour révéler et étudier ces questions transfrontalières ou interculturelles ? Le colloque sera l’occasion d’évoquer les modes de valorisation de telles entreprises cartographiques.

Le colloque se veut interdisciplinaire, pour rassembler l’ensemble des acteurs de la communauté scientifique, institutionnelle, économique et pédagogique producteurs ou « consommateurs » de cartes. Il devra revêtir une dimension internationale indispensable à la mise en perspective des méthodes et des approches face à la carte. Organisé par le CRESAT, il se tiendra du 20 au 22 mai 2019 à l’UHA (Mulhouse).

Télécharger l’appel à communications en PDF

Organisation

Le colloque est organisé dans le cadre du projet Cartographie historique pour un atlas transfrontalier (CHAT) piloté par le CRESAT (B. Furst, R. Boulat) et soutenu par le centre de compétences transfrontalières NovaTris

Envoi des propositions

Les propositions de communication (5000 signes maximum, en français, anglais ou allemand) sont à envoyer à benjamin.furst@uha.fr avant le 30 novembre 2018, accompagnées de quelques lignes de présentation du ou des auteurs.

Comité d’organisation

  • Régis Boulat (Maître de conférences en histoire contemporaine, UAH)
  • Benjamin Furst (ingénieur d’études, docteur en histoire moderne, UHA)
  • Odile Kammerer (professeur honoraire d’histoire médiévale, UHA)

Comité scientifique

  • Lars Behrisch (Assistant professor d’histoire moderne, Université d’Utrecht)
  • Léonard Dauphant (maître de conférences en histoire médiévale, Université de Lorraine)
  • Denis Eckert (directeur de recherche, CNRS – Centre Marc Bloch)
  • Bernhard Köppen (professeur de géographie, Universität Koblenz-Landau)
  • Odile Kammerer (professeur honoraire d’histoire médiévale, UHA)
  • Bernard Reitel (professeur de géographie, Université d’Arras)
  • Olivier Richard (professeur d’histoire médiévale, Université de Strasbourg)
  • Jean-Jacques Schwien (maître de conférences en archéologie, Université de Strasbourg)
  • Nicolas Verdier (directeur de recherche, CNRS – Géographie-cités et directeur d’étude, EHESS)

Ce comité est amené à être élargi d’ici au 30 septembre

Abstract

The conference aims to reflect on and debate the cartography of transboundary and intercultural phenomena. Through an international lens, and drawing from multiple disciplines, it ought to contribute to the conceptualisation of maps independent of political borders by inviting us to think about them across three axes: time (How compatible have intercultural phenomena and cartographic enterprises been throughout history?), space (what are the possible approaches when mapping intercultural or cross-border phenomena depending on the area of study, of creation and of diffusion of maps?), and method (how/why can making maps show such phenomena?).

Call for papers

The work of the Atlas historique d’Alsace have shown that contemporary political borders, especially that which runs along the Rhine between France and Germany, are not always relevant to historical cartography or when mapping cultural, social, economic or environmental phenomena. These phenomena frequently overlap and overflow the administrative logics which prevail when choosing scales and represented spaces.  However, whether through a GIS or otherwise, maps can also shed some light on spatial phenomena, structures and organizations that are not directly connected to political territories. Through choices and constraints, whether technical (scales, projections), graphical (symbols, simplification) or intellectual, maps show as well as they hide. To achieve specific purposes, they draw contrasts whereas other choices and other criteria could have shown a continuity, and vice versa.

The conference hopes to contribute to this reflection on cartographic processes and on the modalities of spatial representation of cross-border and intercultural phenomena. The first inevitably refers to the notion of a modern “political border”, an almost-synonym of “limit” which systematically differentiate territories which they divide and unite at the same time. On the contrary, the “intercultural” notion invites us to consider dynamic borders that are at the same time blurry, porous and constantly moving. Their identification with political borders are exceptional at best. Three main interrogations will guide the interventions of the conference.

The first is temporal, and addresses both history of maps or map-making, and historical cartography. Studying ancient maps may show how they could lock some territorial configurations or, on the contrary, how they could ignore spatial realities in the name of an ideological message. Cartographic enterprises in a colonial context seem particularly suitable for such a reflection. In which ways do maps contribute to build national systems of representation? To which extent and why do they evolve or diverge? One could question, for instance, the cartographic consequences of geopolitical contexts throughout history, or the possible uses of maps as a pedagogic tool. The organizers will welcome works that confront territories shown by maps on one hand, territories highlighted through other means on the other.

A second axis will focus on the comparison between different cartographic practices in spaces where intercultural or transboundary phenomena occur. Cross-border cases studies will be encouraged, in order to bring out possible differences between representations of the same space. One could compare the different uses and representations of maps as an information medium or as a working tool by social groups of different cultural, national or language backgrounds. Furthermore, the current access to information (especially thanks to its dematerialisation leading to its internationalisation) makes it easier to consult and to use maps in cultural contexts that are different from the one in which said maps have been made, leading to new intellectual, social and political stakes in terms of space and territorial representations, and contributing to the circulation of ideas, knowledge and techniques. Do the political and cultural system’s interpretations of space resist to these multiplying interactions at macroregional (Europe, for instance) and world scale?

Questions about methods are the third aspect that we would like to address, by inviting participants to think about the ways to map cross-border dynamics and intercultural objects. From the heuristic approach leading to the map, to the constraints and necessities of bigger projects such as atlases and GIS, the steps, methods and solutions to offer coherent graphic representations are numerous and varied. This is especially true when mapping historical phenomena, when current political borders are not relevant at all. Once the map is drawn, what are its uses for the historian, the geographer, the archaeologist of the sociologist who wants to reveal and to study these transboundary or intercultural questions? The conference will provide the opportunity to discuss the ways to promote such cartographic works.

Download the call for papers in PDF

Organization

The conference is part of the research project Cartographie historique pour un atlas transfrontalier (CHAT, Historical cartography for a transboundary atlas) led by the CRESAT (B. Furst, R. Boulat) et funded by the center for transboundary skills NovaTris

Submission

Proposals can be sent in English, German or French (5000 signs max) to benjamin.furst@uha.fr before the 30th of November 2018 with a short introduction to the author(s).

Organizing committee

  • Régis Boulat (Associate professor of modern history, UHA)
  • Benjamin Furst (Researcher, PhD in early modern history , UHA)
  • Odile Kammerer (retired professor of medieval history, UHA)

Scientific committee

  • Lars Behrisch (Assistant professor of early modern history, Utrech University)
  • Léonard Dauphant (Associate professor of medieval history, Université de Lorraine)
  • Denis Eckert (senior researcher, CNRS – Centre Marc Bloch)
  • Bernhard Köppen (professor of geography, Universität Koblenz-Landau)
  • Odile Kammerer (retired professor of medieval history, UHA)
  • Bernard Reitel (professor of geography, Université d’Arras)
  • Olivier Richard (professor of medieval history, Université de Strasbourg)
  • Jean-Jacques Schwien (associate professor of archaeology, Université de Strasbourg)
  • Nicolas Verdier (senior researcher, CNRS – Géographie-cités and Director of Studies, EHESS)

Résumé

Das Kolloquium will die Reflexion und Diskussion über die Formen kartographischer Darstellung von grenzüberschreitenden und interkulturellen Phänomenen anstoßen. Interdisziplinär und international ausgerichtet, soll es dazu ermuntern, die Karte jenseits der politischen Grenzen zu sehen, indem es zu einer verstärkten Reflexion auf drei Ebenen anregt: mit Blick auf die Zeit (d. h. mit der Frage, inwiefern interkulturelle Phänomene mit dem kartographischen Arbeiten im Laufe der Geschichte verträglich waren), mit Blick auf den Raum (d.h. mit der Frage, wie man sich interkulturellen und grenzüberschreitenden Phänomenen nähert, je nachdem was das Untersuchungsgebiet der jeweiligen Karten ist oder wo sie diese hergestellt und verbreitet worden sind) und mit Blick auf die Methode (dh. mit der Frage, wie und weshalb sind Karten zu erstellen sind, die solche Phänomene einbeziehen).

Konzeption und Anliegen

Die Arbeiten am Historischen Atlas des Elsass haben gezeigt, dass die derzeitigen politischen Grenzen, insbesondere die Grenze, die Frankreich und Deutschland entlang des Rheins trennt, oft wenig relevant sind für die kartographischen Projekte zu früheren Perioden oder zu kulturellen, gesellschaftlichen, wirtschaftlichen oder umweltgeschichtlichen Phänomenen. Letztere reichen in der Tat häufig über die reine verwalterische Denke hinaus, welche die Wahl von Maßstab und Kartenraum allzu oft bestimmen. Ob die Karten nun in das geographische Informationssystem integriert sind oder nicht, so erlauben sie doch, Phänomene, Strukturen und Formen der Raumorganisation ins Licht zu setzen, die einer anderen Logik als jener der politischen Territorien entsprechen. Sei es aufgrund bewusster Auswahl oder wegen technischer (Maßstab, Projektion), graphischer (bildliche Darstellung, Reduktion) und geistiger Zwänge blendet die Karte Sachen ein wie sie so auch Sachen ausblendet, und, um ganz bestimmten Bedürfnissen zu entsprechen, fixiert sie auf Papier (oder Bildschirm) Kontraste dort, wo andere Kriterien Kontinuitäten zum Vorschein brächten, oder umgekehrt.

Das Kolloquium möchte einen Beitrag zu dieser Reflexion über die kartographische Vorgehensweise leisten und nach den Formen fragen, wie sich einerseits grenzüberschreitende und andererseits interkulturelle Phänomene räumlich darstellen lassen. Erstere verweisen zwangsläufig auf den Begriff der modernen politischen Grenze. Als Abgrenzung gedacht zwingt diese Grenzziehung zur systematischen Unterscheidung zwischen den Territorien, die sie einerseits trennt und doch zugleich verbindet. Umgekehrt lädt die interkulturelle Perspektive dazu ein, sie als dynamische Grenzen zu betrachten, die fließend wie durchlässig sind. In diesem Sinn sind solche Grenzen weit davon entfernt, mit den politischen Grenzen grundsätzlich übereinzustimmen.

Drei eng miteinander verbundene Frageraster sind für die Vorträge und Diskussionen richtungsweisend. Das erste ist zeitlich orientiert und bezieht sich sowohl auf die Geschichte der Kartographie als auch auf die historische Kartographie. Es geht darum, die Kartenwerke einer Epoche zu überprüfen, um zu sehen, wie sie bestimmte territoriale Konfigurationen haben fixieren können, oder ob sie im Gegenteil, weil sie von einer bestimmten Ideologie geprägt sind, Formen der Raumorganisation unberücksichtigt ließen, die mit ihrer Botschaft unvereinbar waren. Die kartographischen Arbeiten, die in der Neuzeit wie heutzutage im Kontext kolonialer Unternehmungen durchgeführt wurden, erscheinen besonders günstig für einen solchen Frageansatz. Inwiefern hatten die Karten auch Anteil an der Konstruktion nationaler Systematik in der Darstellung ? Ferner, in welchem Ausmaß beobachtet man hier Entwicklungsstränge oder Verzweigungen ? Man wird sich gleichermaßen dafür interessieren können, wie z. B. geopolitische Gegebenheiten der Vergangenheit ihren Niederschlag in der Kartographie fanden oder wie Karten als pädagogisches Werkzeug benutzt wurden. Die Gegenüberstellung von Territorien, wie sie auf alten Karten zu sehen sind, und solchen, die mit anderen Methoden profiliert wurden, durchaus auch in der Gegenwart, wäre eine willkommene Facette der hier interessierenden Fragestellung.

Ein zweiter Fragenstrang soll dem Vergleich der kartographischen Vorgehensweisen in verschiedenen Räumen gelten, die von interkulturellen oder transkulturellen Phänomen geprägt sind. Hier sind Studien zu grenzüberschreitenden Beispielen zu bevorzugen, damit auf diese Weise mögliche Unterschiede der Darstellung ein und desselben Raumes sichtbar werden. Man könnte den verschiedenen geistigen Umgang mit Karten und deren verschiedene Verwendung als Informationsmittel und Arbeitsinstrument durch gesellschaftliche Gruppen, die sich durch ihre kulturelle, staatliche und sprachliche Zugehörigkeit unterscheiden, gegenüberstellen. Zudem ermöglicht es der derzeitige immer leichter und breiter werdende Informationszugang (namentlich dank ihrer Digitalisierung, die zu ihrer Internationalisierung beiträgt), Karten in anderen kulturellen Kontexten als dem, in dem sie hergestellt wurde, zu untersuchen. Dies könnte neue intellektuelle, gesellschaftliche und politische Herausforderungen hinsichtlich der Darstellung von Raum und Territorium hervorbringen und eine Rolle bei der Verbreitung von Techniken, Ideen und Wissen spielen. So stellt sich die Frage, ob die Raumdeutungen, wie sie jedem politischen und kulturellen System eigen sind, den Wechselwirkungen, die sich im großregionalen (z. B. Europa) und globalen Maßstab vervielfältigen widerstehen können.

Die Methodenfragen werden den dritten, die Veranstaltung strukturierenden Fragenbereich ausmachen, indem sie die Teilnehmer dazu einladen, über die Art nachzudenken, wie sich grenzüberschreitende Dynamik und interkulturelle Gegenstände kartographieren lassen. Vom heuristischen Schritt, der zur Karte führt, hin zu den beschränkenden Vorgaben größerer wissenschaftlicher und pädagogischer Projekte wie beispielsweise der Atlas oder die SIG erscheinen die Abläufe, Herangehensweisen und Lösungen zu unterschiedlich und zahlreich, um dafür eine kohärente graphische Darstellung vorzuschlagen – dies umso mehr als es sich um historische Phänomene handelt, bei denen die aktuellen Grenzen nicht mehr sinnvoll sind. Welchen Nutzen kann, wenn die Karte einmal realisiert ist, ein Historiker, Geograph, Archäologe, Soziologe daraus ziehen, um die grenzübergreifenden oder interkulturellen Fragen zu entwickeln und zu studieren ? Das Kolloquium wird Gelegenheit dazu bieten, die Arten der Auswertung bei solchen kartographischen Projekten zur Sprache zu bringen.

Das Kolloquium versteht sich interdisziplinär, um die Gesamtheit der Akteure in der wissenschaftlichen, institutionellen, wirtschaftlichen und pädagogischen Welt zu versammeln, die allesamt Karten herstellen oder in ihrer täglichen Arbeit «konsumieren». Es wird eine internationale Dimension haben, die mit Blick auf die Methoden und Herangehenswesen an die Karte unverzichtbar ist. Organisiert von CRESAT, findet das Kolloquium vom 20. bis zum 22. Mai 2019 in der UHA (Mulhouse) statt.

Call for papers als PDF herunterladen

Organisation

Das Kolloquium wird im Rahmen des Projekts «Cartographie historique pour un atlas transfrontalier» (CHAT) organisiert, unter Leitung von CRESAT (B. Furst, R. Boulat) und durch das Zentrum für grenzüberschreitende Kompetenzen NovaTris unterstützt.

Einsendung der Vorschläge

Die Vorschläge für Vorträge (auf Deutsch, Französisch oder Englisch, maximal 5000 Zeichen) sind zu senden an benjamin.furst@uha.fr bis spätestens zum 30. November 2018, zusammen mit einem kurzen Text über den Referenten bzw. die Referenten.

Organisatoren

  • Benjamin Furst (ingénieur d’études, docteur en histoire moderne, UHA)
  • Régis Boulat (maître de conférences en histoire contemporaine, UHA)
  • Odile Kammerer (professeur honoraire d’histoire médiévale, UHA)

Wissenschaftliches Comité

  • Lars Behrisch (Assistant professor d’histoire moderne, Université d’Utrecht)
  • Léonard Dauphant (maître de conférences en histoire médiévale, Université de Lorraine)
  • Denis Eckert (directeur de recherche, CNRS – Centre Marc Bloch)
  • Bernhard Köppen (professeur de géographie, Universität Koblenz-Landau)
  • Odile Kammerer (professeur honoraire d’histoire médiévale, UHA)
  • Bernard Reitel (professeur de géographie, Université d’Arras)
  • Olivier Richard (professeur d’histoire médiévale, Université de Strasbourg)
  • Jean-Jacques Schwien (maître de conférences en archéologie, Université de Strasbourg)
  • Nicolas Verdier (directeur de recherche, CNRS – Géographie-cités et directeur d’étude, EHESS)

Date et lieu

Du lundi 20 au mercredi 22 mai 2019

Campus Fonderie – UHA

16 rue de la Fonderie

68100 Mulhouse

Une sortie sur le « terrain » est prévue sur une demi-journée / A field trip might be organized at the beginning or at the end of the conference

Séminaire – Silvia Flaminio – “Stop the dam and save the river”. Les barrages entre discours et représentations (1945-2014)

Séminaire – Silvia Flaminio – “Stop the dam and save the river”. Les barrages entre discours et représentations (1945-2014)

Séminaires du CRESAT

Séminaire du CRESAT – 14 mars 2018

“Stop the dam and save the river.”

Les barrages entre discours et représentations (1945-2014)

Silvia Flaminio, ATER en géographie à l’UHA, doctorante en géographie à l’ENS Lyon

Résumé

Cette présentation s’appuie sur mon travail de thèse commencé en 2014. Alors qu’au début du XXe, les barrages ont été promus comme des hydro fix (Swyngedouw 2015) pour des États en crise — Swyngedouw emprunte à l’expression “spatial fix”, c’est-à-dire de « solution spatiale », forgée par Harvey (2001) —, ils font aujourd’hui l’objet de discours contradictoires. Les projets de barrages sont contestés aussi bien dans des pays riches que dans des pays pauvres depuis les années 1980, et des voix s’élèvent aussi pour plaider en faveur du démantèlement d’ouvrages vieillissants aux États-Unis (Poff et Hart 2002), mais aussi plus récemment en France (Germaine et Lespez 2014). Parallèlement à ces mouvements, la promotion de l’hydroélectricité comme énergie « verte » semble venir redorer le blason des barrages.

Cette présentation propose d’analyser les relations changeantes entre les discours sur l’environnement et sur les cours d’eau et l’objet barrage au cours de la seconde moitié du XXe et au début du XXIe siècle. Je consacrerai une partie de la présentation aux matériaux (construction d’un corpus d’articles de presse issus du quotidien national français Le Monde, de plusieurs corpus d’entretiens semi-directifs sur des ouvrages controversés ; recherches en archives) et aux méthodes d’analyses (analyse de contenu et analyse des données textuelles pour compléter une analyse qualitative) mis en place dans la thèse pour répondre à cet objectif. J’évoquerai aussi quelques résultats, notamment les évolutions discursives de l’objet barrage qui peuvent être observées à partir du corpus du Monde, ainsi que les ré-orientations thématiques qui ont pu se faire lors de conflits liés à des barrages (Loyettes en France et Gordon-below-Franklin en Australie).

Date et lieu

Vendredi 18 mai – 15:00

Campus Fonderie – UHA

Salle des colloques

16 rue de la Fonderie

68100 Mulhouse

Séminaire – Anne Rauner – Informer les vivants pour sauver les morts

Séminaire – Anne Rauner – Informer les vivants pour sauver les morts

Séminaires du CRESAT
AVES, 1AST185, f. 12r

Séminaire du CRESAT – 27 avril 2018

Informer les vivants pour sauver les morts.

Le système documentaire de la commémoration des défunts à la fin du Moyen Âge (diocèse de Strasbourg)

Anne Rauner, ATER en histoire médiévale à l’UHA, doctorante à l’Université de Strasbourg (ARCHE)

Résumé

Ouvrir les portes du paradis : tel était le but de la prière des vivants pour les morts au Moyen Âge. À partir du XIIIe siècle, cette commémoration des défunts se diffusa peu à peu dans toute la société médiévale et prit souvent la forme de messes anniversaires fondées et financées par le trépassé. Les informations liturgiques et économiques liées à ces messes étaient enregistrées dans des calendriers perpétuels appelés nécrologes ou obituaires, mais aussi dans des registres de plus en plus spécialisés.

Le système documentaire de la commémoration des défunts s’étendit et se complexifia, obligeant les clercs à mettre en œuvre de nouvelles stratégies scripturaires pour assurer le bon déroulement et le financement de la liturgie des morts. L’exemple du chapitre Saint-Thomas de Strasbourg permettra d’analyser les complexes jeux de renvois et de transferts d’informations entre les différents écrits qui devaient contribuer au salut de l’âme.

Le séminaire sera suivi d’une présentation du système d’archives ouvertes des universités alsaciennes (Univoak) par Élodie Cuissard (SCD de l’UHA).

Date et lieu

Vendredi 27 avril – 14:00

Campus Fonderie – UHA

Salle des colloques

16 rue de la Fonderie

68100 Mulhouse

Séminaire – Eleni Mitropoulou – Le rôle de la sémiotique au cœur de problématiques intra et inter-disciplinaires

Séminaire – Eleni Mitropoulou – Le rôle de la sémiotique au cœur de problématiques intra et inter-disciplinaires

Séminaires du CRESAT
Migrants et téléphones mobiles

Séminaire du CRESAT – 28 mars 2018

Le rôle de la sémiotique au cœur de problématiques intra et inter-disciplinaires

Eleni Mitropoulou, professeur en sémiotique de la communication, directrice adjointe du CRESAT

Dans le paysage pluridisciplinaire des Sciences de l’Information et de la Communication, penser la communication et les médias en fonction d’une approche sémiotique c’est donner la priorité à la production du sens. Et ce à plusieurs niveaux :

  • le sens est le « protagoniste » dans la relation que nous désignons par « communication », il tient le premier rôle dans la scène des échanges ;
  • le sens est aussi ce que nous retenons dans l’« information » comme valeur sociale, laissant à d’autres champs disciplinaires le traitement de sa valeur mathématique ;
  • le sens est encore ce qui fait tenir ensemble « communication » et « information », si l’on pense l’une en fonction de l’autre.

Dans le paysage disciplinaire plus large, on peut constater le rôle transversal de la sémiotique dans les problématiques en Esthétique, en Littérature, en Géographie, en Histoire de l’Art, en Sciences Politiques …..

Nous proposons de discuter les apports (mais également les limites) d’une sémiotique de la communication qui fait des médias et des processus de communication à la fois son objet d’étude et son objet étudié.

Date et lieu

Mercredi 28 mars – 17:00

Campus Fonderie – UHA

Salle des colloques

16 rue de la Fonderie

68100 Mulhouse

Séminaire – Renaud Meltz – Les révolutions de 1830 : l’avènement d’une diplomatie de la place publique ?

Séminaire – Renaud Meltz – Les révolutions de 1830 : l’avènement d’une diplomatie de la place publique ?

Séminaires du CRESAT
Conférence de Londres

Séminaire du CRESAT – 14 mars 2018

Les révolutions de 1830 : l’avènement d’une diplomatie de la place publique ?

Renaud Meltz, professeur d’histoire contemporaine, directeur du CRESAT

Résumé

« Quand on exige l’assentiment des citoyens pour décider si une guerre doit avoir lieu ou non, il n’y a rien de plus naturel que, étant donné qu’il leur faudrait décider de supporter toutes les horreurs de la guerre, ils réfléchissent beaucoup avant de commencer un jeu aussi néfaste ». Suivant cet adage kantien (Vers la paix perpétuelle, 1795), les régimes fondés sur des institutions républicaines ne devraient jamais se faire la guerre.

La révolution française remet en question l’optimisme des Lumières. Les révolutionnaires de 1830 se souviennent de la guerre civile et d’un quart de siècle de French wars. Pourtant, les acteurs des révolutions de 1830, à Paris comme à Bruxelles, considèrent qu’ils sont ouvriers de paix. En propageant la révolution pour généraliser des régimes constitutionnels, ils espèrent clore l’ère des guerres égoïstes. Une diplomatie ouverte, publique, n’est-elle pas le meilleur moyen de garantir la paix européenne ?

Cette séance de séminaire propose de prendre au sérieux la dimension continentale des révolutions de 1830 et de considérer la possibilité d’une discussion transnationale au cours de cette période coincée entre l’espace public habermasien de l’Europe des Lumières et la grande poussée de mondialisation de la fin du XIXe. La révolution belge, en particulier, a cherché une voie pour réinventer les usages diplomatiques. L’échec de cette tentative de démocratisation des relations internationales ne doit pas nous empêcher de penser ce moment clef dans la recherche de pratiques innovantes en faveur de la paix européenne.

Date et lieu

Mercredi 14 mars – 17:00

Campus Fonderie – UHA

Salle des colloques

16 rue de la Fonderie

68100 Mulhouse

Appel à communications – 8e Journées d’Histoire industrielle

Appel à communications – 8e Journées d’Histoire industrielle

Colloques et journées d'études

Appel à communications

8e Journées d’Histoire industrielle : « Les industries aux colonies, les indigènes dans l’industrie »

Colloque – 8 et 9 novembre 2018, UHA (campus Fonderie) et UTBM (campus de Sevenans)

Colloque organisé par l’Université de Haute Alsace et l’Université de Technologie de Belfort-Montbéliard –UBFC

Les rapports entre industrialisation et colonisation, et plus largement entre le fait colonial et le fait industriel, ont fait, parmi les économistes et les historiens, l’objet de débats majeurs qui ne sont pas encore tous tranchés. Trois types de questions semblent se dégager : tout d’abord, à suivre l’historiographie marxiste, les colonies américaines auraient été déterminantes pour amorcer l’industrialisation du Royaume-Uni ; ensuite et inversement, selon Daniel Headrick notamment, l’industrialisation de l’Occident aurait permis aux Européens de dominer le reste du monde au XIXe siècle. Enfin, concernant cette fois la fin de l’expérience coloniale, les colonies apparaissent, pour Jacques Marseille et d’autres, comme un frein à la modernisation de l’économie en général et de l’industrie métropolitaine en particulier.

Mais au-delà de ces débats classiques et encore d’actualité, la question de l’industrialisation des colonies en elles-mêmes a relativement peu retenu l’attention des historiens et économistes. Il était en effet entendu, que, dans le cadre des échanges inégaux, l’économie des colonies se caractérisait par une forte spécialisation (des indigènes, au sens légal du terme, à l’instar du terme esclave en Amérique) dans le secteur primaire et par une hypertrophie du secteur tertiaire (pour les colons), mais d’industrie point ou très peu, sauf notamment dans le secteur extractif, l’agro-alimentaire ou la construction des grandes infrastructures de l’économie coloniale ou d’intérêt stratégique… et mise à part l’exception du secteur textile indien. Dans des circonstances exceptionnelles, il arrivait toutefois que cette évidence fût remise en cause, suivant d’ailleurs des considérations extra-économiques : réflexions stratégiques sur la mise en valeur des colonies à la fin de la Grande Guerre (Sarraut), sur l’industrialisation des colonies à marche forcée au début de la Seconde Guerre mondiale, ou encore nécessité politique de tenir les promesses de développement arrachées à la fin de ce conflit, alors que les indépendances se profilaient à l’horizon (création du FIDES). « Les industries aux colonies » apparaissent donc en temps de paix comme un oxymore aux yeux des acteurs historiques : rares sont les entrepreneurs, tel Paul Bernard, qui militent pour une industrialisation des colonies. Mais l’oxymore est aussi historien, comme en témoigne le fait qu’ « industrialisation » constitue le mot le plus « out » dans les articles publiés sur le phénomène colonial selon Frederick Cooper (2005), à l’opposé des mots « in » comme « identité ». Il est donc proposé d’explorer davantage la présence des industries dans les colonies françaises ou étrangères, qu’elles soient d’origines locales ou européennes, précoloniales ou coloniales, ainsi que la chronologie de leur apparition et disparition, et les causes (douanières, législatives, technologiques, stratégiques, politiques etc.) de ces phénomènes, notamment à l’échelle locale, sans s’interdire d’analyser à l’échelle plus globale l’attitude fluctuante de l’Etat, des partis politiques, du patronat ou des syndicats face à la question de l’industrialisation des colonies. Les acteurs directs de cette industrialisation pourront aussi être interrogés : entrepreneurs et main-d’œuvre, qu’elle soit civile ou militaire, volontaire ou forcée, masculine ou beaucoup plus rarement féminine, ingénieurs et techniciens, souvent à l’origine d’innovations audacieuses dans les grands chantiers de travaux publics coloniaux, que ce soit dans la phase de mise en valeur initiale ou durant l’âge d’or de l’entre-deux-guerres (Dominique Barjot).

« Industrie aux colonies » et, inversement, dans une perspective impériale, présence indigène dans l’industrie métropolitaine : si, croit-on alors, le Plan de Constantine constitue une réponse à la crise malthusienne et au-delà politique qui menace l’Algérie française, le « problème » démographique algérien trouve surtout un début de réponse avec l’immigration croissante de la population masculine dans les usines de la métropole. Depuis quelques années, la contribution de la main-d’œuvre indigène à l’économie de la métropole a fait l’objet d’un regain d’intérêt de la part d’une jeune génération de chercheuses et chercheurs. Ouvriers indochinois de la Grande Guerre (16% des ouvriers civils des usines d’armement français sont indigènes en 1914-1918) ou main-d’œuvre algérienne des bidonvilles parisiens des Trente Glorieuses nous sont désormais mieux connus, mais ce champ de recherche ouvert depuis peu mérite encore d’être exploré : le Dictionnaire de la colonisation française de Claude Liauzu ne comporte pas d’entrée « ouvrier ». Conditions de vie et de travail, gestion coloniale de la main-d’œuvre, trajectoires personnelles, et cycles de vie, percée des premiers cadres indigènes, etc. pourront ainsi être évoqués.

Téléchargez l’appel à communications en PDF

Calendrier et modalités pratiques

Merci d’adresser vos propositions de communication (titre, résumé d’une page maximum, courte présentation biographique) à regis.boulat@uha.fr et laurent.heyberger@utbm.fr avant le 26 février 2018. La sélection des communications sera indiquée aux proposants au plus tard le 12 mars. Les communications durant les JHI dureront 30 mn, questions comprises.

Organisateurs

Régis Boulat (UHA) et Laurent Heyberger (UTBM-UBFC).

Comité scientifique

  • Régis Boulat, UHA
  • Jean-Claude Daumas, Université de Franche-Comté-UBFC
  • Aziza Gril-Mariotte, UHA
  • Michel Hau, Université de Strasbourg
  • Laurent Heyberger, UTBM-UBFC
  • Pierre Lamard, UTBM-UBFC
  • Nicolas Stoskopf, UHA
  • Laurent Tissot, Université de Neuchâtel