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Séminaire thématique

Pour une histoire transnationale des installations et des essais nucléaires

MSHP – CRÉSAT – INALCO

Novembre 2020 – Mai 2021

Résumé

Le 17 mars 2017, l’Accord de l’Élysée signé par le Président de la République et le Président de la Polynésie française a prévu la création d’un « Institut d’archives, d’information et de documentation sur les essais nucléaires ». Il s’agit d’instaurer un climat d’apaisement entre l’État et la Polynésie française pour une gestion sereine de l’après-nucléaire. La décision, en 1996, de mettre un terme à trois décennies d’essais nucléaires français s’est concrétisée par le démantèlement du Centre d’Expérimentation du Pacifique (CEP) à compter de juillet 1998, sans régler la question des héritages matériels et symboliques de la nucléarisation de la Polynésie.

Le Centre de mémoire en cours de réalisation doit permettre aux Polynésiens de connaître ce passé : le choix, en 1962, des atolls des Tuamotu pour prendre le relais du site saharien où la France a tiré sa première bombe A ; les 193 essais atmosphériques et souterrains qui se sont déroulés à Moruroa et Fangataufa entre 1966 et 1996, décisifs pour la mise au point de la bombe H ; les conditions du démantèlement et les héritages du CEP.

De son côté, le gouvernement de la Polynésie française a sollicité la Maison des Sciences de l’Homme du Pacifique (MSHP) pour contribuer à la conservation de la mémoire du CEP et à la mise en lumière de ses enjeux historiques. La MSHP a retenu la double proposition formulée par le CRÉSAT (Université de Haute-Alsace) : écrire l’histoire des essais nucléaires en Polynésie française et mener des enquêtes de terrain pour enregistrer la mémoire orale des acteurs du CEP, qu’il s’agisse des vétérans polynésiens ou métropolitains, ou des populations civiles concernées par leurs fonctions ou leurs lieux de résidence. Le CEP était en effet constitué de sites de tirs (Moruroa, Fangataufa), de bases avancées (Hao, Mangareva), d’une base arrière à Tahiti, sans compter les stations, permanentes ou temporaires de prévisions météorologiques et d’analyse des retombées radioactives, mobilisant au total, sur l’ensemble de la période, des dizaines de milliers de personnes militaires et civils.

Dans cet esprit, et parallèlement au programme de recherche « Écrire l’histoire du CEP », le CRÉSAT, la MSHP et l’INALCO organisent un séminaire ouvert au public à l’INALCO : « Pour une histoire transnationale des installations et des essais nucléaires ». Ce séminaire ambitionne d’élargir l’étude du CEP grâce à une approche comparée (essais américains, britanniques, soviétiques) et transnationale (réception des essais français par ses partenaires européens, réseaux d’opposants régionaux, etc).

Prolongeant et complétant les interventions de l’année précédente, les 7 séances programmées pour 2020-2021 présenteront les travaux de chercheurs français et étrangers travaillant sur des installations et les programmes d’essais des puissances nucléaires, mais aussi le CEP lui-même. Le séminaire sera l’occasion de faire connaître différentes approches de la fabrique de la dissuasion par le bas, en proposant une histoire fine des lieux, des places et des populations qui ont permis la construction des arsenaux atomiques. Et d’ouvrir la recherche française aux travaux déjà menés en ce sens depuis une quinzaine d’années (Holly M. Barker, Bravo for the Marshallese : Regaining control in a post-nuclear, post-colonial world, Thomson/Wadsworth, 2004 ; Hugh Gusterson, People of the bomb: Portraits of America’s nuclear complex, University of Minnesota Press, 2004). Cette approche a notamment donné lieu à la publication cette année des ouvrages de Lindsay Freeman, The Atom bomb in me, Stanford University Press, 2019 et Becky Alexis- Martin, Disarming Doomsday: The Human Impact of Nuclear Weapons Since Hiroshima, Pluto Press, 2019.

Programme

19 novembre 2020

Maxime Launay, doctorant en histoire contemporaine, Sorbonne Université
La fabrique de la culture nucléaire française : 1978-1985, le temps du consensus

17 décembre 2020

Lucie Genay, maître de conférences en civilisation américaine, Université de Limoges
Pantex 1989-2000 : les défis de la cohabitation avec une usine d’armes nucléaires au Texas à la fin de la Guerre froide

21 janvier 2021

Becky Alexis-Martin, Lecturer en géographie humaine, Manchester Metropolitan University
« L’héritage des essais nucléaires anglais dans le Pacifique »
(en visioconférence)

18 février 2021

Thomas Jonter, professeur de relations internationals, Stockholm University
The Swedish Plans to Acquire Nuclear Weapons During the Cold War 

18 mars 2021

Rens van Munster, Chercheur senior en relations internationals, Danish Institute for International Studies
The Marshall Islands and the American Trials

15 avril 2021

Austin Cooper, doctorant en histoire et sociologie des sciences, University of Pennsylvania
La mesure des essais nucléaires français au Sahara : diplomatie, coopérations, et tensions transnationales

20 mai 2021

Nicolas Badalassi, maître de conférences en histoire contemporaine, Sciences Po Aix
La France face à ses partenaires européens : la question de la dissuasion nucléaire et des essais dans le Pacifique, années 1960-1970

Informations pratiques

es séminaires se tiennent en temps normal sur l’un des deux sites de l’INALCO, de 18 à 20h, afin de permettre aux enseignants-chercheurs et  étudiants résidents en Polynésie d’y assister par visio-conférence.

Institut national des langues et civilisations orientales

2, rue de Lille
75007 Paris

ou

65, rue des Grands Moulins
75013 Paris

Pour chaque séance, le site et la salle seront indiqués sur cette page dès que possible