Le CRESAT

Le Centre de recherches sur les économies, les sociétés, les arts et les techniques (CRESAT), créé en 1984, rassemble des chercheurs en histoire (histoire économique, histoire du patrimoine industriel, histoire politique et culturelle, histoire de l’art), en sciences de l’information et de la communication (culture numérique, communication des organisations, communication interculturelle, culture médiatique), en géographie (géohistoire des risques, cartographie, SIG), en droit, en muséologie et en gestion. Ces chercheurs sont réunis par une commune curiosité pour la construction des sociétés et des territoires du Rhin supérieur.

L’expertise du CRESAT se déploie autour de quatre pôles :

  • Histoire et patrimoine de l’industrie (responsable : Régis Boulat)
  • Territoires intelligents (responsable : Brice Martin)
  • Culture.s et médias : milieux de communication, dispositifs, usages (responsable : Eleni Mitropoulou)
  • Espaces publics et circulations internationales (responsable : Guido Braun)

Renaud Metz (directeur) et Eleni Mitropoulou (directrice adjointe) sont à la tête du laboratoire depuis 2018.

Pôles de recherche

Histoire et patrimoine de l’industrie

Dans le sillon creusé par « l’école mulhousienne », l’axe Histoire et patrimoines de l’industrie rassemble des enseignants-chercheurs de plusieurs disciplines qui travaillent collectivement sur les entreprises, les patrimoines et les arts industriels et plus globalement sur les dynamiques économiques, culturelles et sociales du territoire transfrontalier du Rhin supérieur du XVIIIe siècle à nos jours. Le premier champ de recherches renvoie au couple industrialisation – désindustrialisation. Le deuxième champ de recherches concerne l’histoire des arts et des patrimoines industriels. Tous les deux ans, les responsables de ce pôle organisent en partenariat avec l’Université de Technologie Belfort Montbéliard, des Journées d’Histoire industrielle (JHI)

Responsable : Régis Boulat

Territoires intelligents

Si le territoire est d’abord un espace approprié, les processus qui permettent cette appropriation sont très variés. Ils s’inscrivent dans un système d’interactions à plusieurs échelles, entre nature et sociétés, entre acteurs et groupes sociaux où les représentations, l’imaginaire, les héritages, etc. jouent un rôle essentiel. Cette appropriation s’inscrit dans les domaines décisionnels, organisationnels, politiques, etc. qui vont contribuer à fabriquer du territoire dans lequel les acteurs pourront ou non s’identifier (individuellement ou collectivement).

Ce pôle propose de réfléchir au concept de territoire intelligent afin de poser les bases d’une bonne gouvernance partagée par les acteurs, co-construite sur un capital social lui-même issu de la trajectoire géohistorique du territoire, de ses héritages multiples.

Responsable : Brice Martin

Culture.s et médias : milieux de communication, dispositifs, usages

Ce pôle se propose de penser les milieux de communication selon les quatre dimensions du temps, de l’espace, de la société et de la culture. Dans la configuration transfrontalière de la Région métropolitaine tri-nationale, les chercheurs du CRESAT considèrent les stratégies des acteurs économiques et politiques et s’attachent à éclairer l’environnement régional comme un acteur des échanges. Son évolution est étudiée en fonction de l’actualité des médias, des usages et des dispositifs.

Ce pôle questionne l’ancrage des processus de communication en mobilisant la notion de dispositif, qu’il soit numérique, matériel, organisationnel voire discursif, symbolique ou plus largement culturel : comment les usages médiatiques articulent des dispositifs et des usages, qui constituent des modalités d’appropriation ? La question permet d’aborder la relation entre culture.s et médias dans la constitution des identités collectives qu’elles soient locales, nationales, transfrontalières ou suprationales.

L’approche des milieux de communication permet d’expliquer les implicites culturels qui président à l’action et guident les stratégies.

Responsable : Eleni Mitroupoulou

Espaces publics et circulations internationales

La reconfiguration technique et sociale de l’information à l’ère numérique a relancé le besoin de comprendre les généalogies de la constitution d’espaces d’échanges et de débats, que la fortune du titre fameux d’Habermas a fixés autour de la notion d’espace public. Le choix de considérer cette question dans le temps long permet de mesurer la politisation des sociétés européennes, l’évolution de l’épaisseur sociale des espaces publics, les variations de leurs extensions géographiques et les configurations mouvantes de leurs dispositifs communicationnels.

Les chercheurs de ce pôle questionnent la constitution de sociétés politiques européennes, voire d’une conscience et d’un imaginaire politique communs, en étudiant les circulations et les communautés politiques, idéologiques, culturelles ou confessionnelles qui les affectent. Une attention particulière est apportée aux circuits d’information et aux discussions transnationales dans les espaces transfrontaliers. Le CRESAT contribue ainsi à la connaissance de l’influence de l’opinion publique dans les processus de décision en politiques intérieure et extérieure.

Responsable : Guido Braun

La Revue du Rhin supérieur

La Revue du Rhin supérieur rend compte de cette activité scientifique en donnant la priorité, année après année, à chacun de ces 4 pôles.

Héritière des Actes du CRESAT cette nouvelle revue produit comme sa devancière un rapport d’activité de l’équipe. Mais son sommaire se réorganise autour d’un séminaire thématique et s’enrichit d’articles inédits. La Revue du Rhin supérieur propose ainsi :

  • des articles inédits sur la thématique privilégiée, sélectionnés par appel public
  • les textes produits par le séminaire en cohérence avec ce choix
  • une recension croisée sur un ouvrage majeur concernant cette thématique.
  • des varia concernant les autres pôles du CRESAT.

Pilotée par un comité de lecture, La Revue du Rhin supérieur soumet l’ensemble des textes qu’elle se propose de publier à une double évaluation en aveugle sous le patronage de son comité scientifique.

Ce dernier est composé de la directrice de la revue, Camille Desenclos, de la direction du CRESAT, des responsables des 4 pôles, et d’autant de collaborateurs extérieurs pour chacun d’entre eux.

Il s’agit, respectivement de :

  • Pascal Raggi (MCF en histoire contemporaine, HDR, Université de Lorraine),
  • Karine Heitz (Ingénieur de recherche, École nationale du génie de l’eau et de l’environnement de Strasbourg),
  • Stefanie Averbeck-Lietz (Professeur en Communication, université de Brême),
  • Stéphane Haffmeyer (Professeur d’histoire moderne, Université de Rouen).

Un cinquième membre extérieur au CRESAT est invité selon la thématique du pôle mis à l’honneur. Pour le séminaire 2018-2019 et la préparation du numéro 1, paru en 2019, cet invité du comité de lecture est Jean-Paul Barrière (professeur en histoire contemporaine, Université de Franche-Comté).

La première livraison de La Revue du Rhin supérieur, en octobre 2019, sera consacrée à la désindustrialisation. Le calendrier du séminaire et l’appel à contribution seront mis en ligne en octobre 2018.

Historique

En 1983, Alain Jaeglé, alors Président de l’Université de Haute-Alsace (UHA), crée le Centre de recherche et d’enseignement sur les sciences, les arts et les techniques (CRESAT). Physicien, il prend également l’initiative de créer le Centre de documentation des sciences et des techniques, ainsi qu’un diplôme d’université de « Culture scientifique, artistique, technique et de muséologie » dont il définit alors les enseignements : « Histoire des sciences et des techniques, histoire de l’art et esthétique, information et documentation scientifiques, techniques de communication audiovisuelle et enseignement de muséologie ». Lorsque Pierre Fluck, géologue de formation, reprend en main la destinée du laboratoire en 1994, il recentre ses thématiques sur les « Industries et proto-industries des régions rhénanes dans l’espace européen : techniques, sociétés, environnement ».

Labellisé « jeune équipe » en 1997 puis « équipe d’accueil » en 2001, le CRESAT renforce également sa dimension pluridisciplinaire grâce au regroupement des enseignants- chercheurs des départements d’histoire (21e, 22e, 23e sections) et MECADOCTE (Métiers de la culture, des archives et de la documentation pour les collectivités territoriales 22e, 71e, 72e sections), réunis par une cohérence en matière de formation. Nicolas Stoskopf lui succède de 2005 à 2013, période au cours de laquelle il est non seulement le maître d’œuvre de deux quadriennaux mais également un des artisans du transfert du CRESAT à la Fonderie en janvier 2010. Cet événement constitue un tournant déterminant dans l’histoire du laboratoire puisqu’il fait coïncider un questionnement (la construction des sociétés et des territoires) avec un lieu chargé d’histoire et de symboliques techniques, industrielles et sociales (La Fonderie). Par ailleurs, il impulse une dynamique collective, renforce la cohésion de l’équipe sans brider les singularités, et permet au CRESAT d’avoir un rayonnement scientifique indéniable. Fort d’une production scientifique qui n’a cessé d’augmenter en quantité et en qualité, le laboratoire a acquis sous sa direction une assise en inscrivant son activité scientifique dans l’environnement social, économique et culturel de son espace transfrontalier, une politique poursuivie par Olivier Thévenin (2013-2016) et Carsten Wilhelm (2016-2017).

Depuis l’arrivée de Renaud Meltz à la tête du laboratoire, le CRESAT entame une nouvelle page de son histoire. Tout en conservant intact leur intérêt pour la construction des sociétés et des territoires du Rhin supérieur, les chercheurs structurent leurs recherches autour de quatre pôles qui favorisent à la fois les expertises individuelles et les collaborations interdisciplinaires.